L'Atlantide retrouvée?

Aurait-on découvert où se situait l'Atlantide? Peut-être... Même si spéculations et bobards ont sans cesse couru à propos de cette cité légendaire, des scientifiques purs et durs, notamment des géologues, tentent néanmoins de résoudre l'énigme. Une étude détaillée des bas-fonds du détroit de Gibraltar a justement mis en évidence une ancienne île couverte de sédiments, indiquant qu'elle aurait vraisemblablement été engloutie il y a 12 000 ans par un tsunami semblable à celui ayant dévasté l'océan Indien, le 26 décembre 2004. Étrangement, le lieu, la date et l'hypothétique raz-de-marée concordent avec le récit que le philosophe grec Platon a fait, il y a 2000 ans, de la disparition de cette ville mythique.

L'ancienne île du cap Spartel qu'a étudié Marc-André Gutscher, chercheur à l'Université de Bretagne occidentale à Plouzané en France, gît aujourd'hui à 60 mètres de profondeur dans le golfe de Cadiz, cette baie située à l'ouest du détroit de Gibraltar, soit, comme l'a écrit Platon, face aux fameuses colonnes d'Hercule, comme les anciens appelaient ces caps marquant l'entrée du détroit de Gibraltar.

Le chercheur a découvert que l'île était recouverte d'une couche — de 50 à 120 centimètres d'épaisseur — de sédiments composés de particules grossières qui se seraient fort vraisemblablement déposées à la suite d'un tsunami, lui-même provoqué par un terrible tremblement de terre. Selon les calculs du scientifique, ces sédiments se seraient déposés il y a 12 000 ans, alors que Platon situe le cataclysme de l'Atlantide il y a 11 600 ans. Le philosophe grec décrit aussi dans son récit que l'Atlantide aurait été engloutie par d'immenses vagues en une seule journée, ne laissant qu'un banc de boue derrière elle. Un tel scénario est tout à fait plausible, avance le chercheur français, compte tenu du fait que le golfe de Cadiz est une zone instable secouée périodiquement — à tous les 2000 ans — par de gros tremblements de terre, lesquels provoquent d'importants tsunamis. En 1755, la ville de Lisbonne au Portugal fut en partie détruite par un tremblement de terre et les vagues de 10 mètres de hauteur soulevées par le tsunami qui a suivi.

Dans l'article qu'il publie dans la revue Geology, Marc-André Gutscher explique qu'il y a 12 000 ans, le niveau de la mer était plus de 100 mètres plus bas qu'aujourd'hui: le cap Spartel était donc une île à cette époque lointaine. Selon les relevés effectués à l'aide de sonars, il s'agissait d'une île plus petite que ce que l'on avait imaginé.

Tremblement de terre

Le scientifique suggère qu'un exceptionnel tremblement de terre a enfoncé d'un coup le cap Spartel d'une dizaine de mètres de profondeur, tandis que les houles du tsunami dépassant les 10 mètres de hauteur auraient détruit toutes les constructions humaines, laissant derrière elles une île méconnaissable. Quelques tremblements de terre subséquents auraient ensuite coulé les derniers îlots restants. Ces véritables avalanches sous-marines seraient donc à l'origine des sédiments recouvrant l'île aujourd'hui enfouie au fond du golfe de Cadiz.

Bien que la destruction catastrophique de l'Atlantide décrite par Platon soit en accord avec l'histoire géologique et tectonique du détroit de Gibraltar, cela ne veut pas dire pour autant que l'Atlantide a déjà existé, affirme Marc-André Gutscher. Les preuves viendront ou ne viendront pas à la suite de recherches plus poussées qu'il faudra effectuer à l'aide de submersibles.