Numérisation d'ouvrages - La décision de Google saluée en France

Réagissant à l'annonce par la société Google de la suspension de la numérisation des ouvrages sous copyright, le président de la Bibliothèque nationale de France, Jean-Noël Jeanneney a salué «la sagesse de Google, qui a tenu compte d'un certain nombre d'observations, venues notamment d'Europe».

Google avait entrepris de numériser les fonds de plusieurs grandes bibliothèques universitaires américaines (Harvard, Stanford) ou britannique (Oxford), dans le cadre du projet Google Print, afin de constituer une bibliothèque virtuelle. Devant l'opposition croissante des éditeurs américains, la firme de Mountain View (Californie) a annoncé vendredi 12 août, sur son site, qu'elle suspendait jusqu'en novembre la numérisation des ouvrages sous copyright. Elle propose aux éditeurs de lui faire part de la liste des ouvrages qu'ils ne souhaitent pas voir numériser. L'Association of American Publishers par la voix de sa présidente, l'ancienne représentante démocrate du Colorado, Pat Schroeder, a d'ores et déjà rejeté cette offre.

Ce différend n'épuise pas les problèmes suscités par l'initiative Google. «Se posent aussi les problèmes de critères du choix des oeuvres retenues, de la constitution des corpus», fait remarquer M. Jeanneney, joint par téléphone. «Lorsqu'on recherche Victor Hugo dans la version bêta de Google Print — version provisoire du programme, déjà en ligne —, on ne trouve qu'un seul titre en français.» Le président de la BNF voit dans la pause annoncée par Google un signe de «l'efficacité collective» des Européens, qui se sont engagés dans un projet alternatif de bibliothèque universelle virtuelle, projet qui a reçu le soutien des chefs d'État comme de la Commission de Bruxelles, après les Journées européennes de la culture, en mai. Pour M. Jeanneney, «il faut maintenant accélérer le rythme et éviter les enlisements bureaucratiques, notamment à Bruxelles, et bien faire valoir qu'il s'agit d'une entreprise européenne et pas de la France qui se dresse sur ses ergots».