En bref - Y a pas que le bioterrorisme dans la vie

Les microbiologistes américains en ont assez de voir le terrorisme dans leur soupe. Depuis le 11 septembre 2001, ils ont le sentiment qu'une portion démesurée des subventions accordées à leur discipline s'en va vers des recherches tournant autour des prétendues menaces d'attaques terroristes à la variole, la peste et autres anthrax.

Pas moins de 750 d'entre eux ont signé une lettre, en mars, destinée au directeur des National Institutes of Health (NIH), l'organisme qui distribue les subventions à la recherche biomédicale. Tandis que des menaces «négligeables» pour la santé humaine — plus un seul cas de variole n'a été signalé depuis 30 ans et la probabilité qu'une organisation terroriste puisse fabriquer une telle arme est infime — voient leurs budgets grimper en flèche, la recherche sur des infections moins spectaculaires mais pourtant bien plus réelles risque de sombrer dans l'oubli. En 2005, les NIH auront distribué 1,7 milliard de dollars pour des recherches tombant spécifiquement dans la catégorie «biodéfense».