En bref - Soins (moins) intensifs

Parmi les patients admis aux soins intensifs, ceux qui dépassent le seuil qualifié de «critique» ont une chance sur trois de mourir de ce qu'on appelle une défaillance multiple (multiple organ failure): littéralement, c'est le corps qui n'en peut plus et dont tous les morceaux lâchent en même temps.

Or, à sa grande surprise, le Britannique Mervyn Singer, de l'Institut de médecine préventive au Collège universitaire de Londres, a constaté qu'il y a 200 ans, parmi les 52 soldats d'un régiment blessés sur le champ de bataille de Waterloo, deux seulement sont morts. Voilà pourtant des gens qui se seraient qualifiés, aujourd'hui, pour les soins intensifs. Et qui n'avaient ni antibiotiques ni transfusions ni appareils respiratoires ultramodernes. Que faut-il en conclure? Qu'il y a quelque chose, dans ce syndrome des défaillances multiples, qui nous a échappé, écrit le Dr Singer. Qui sait si cette défaillance ne serait pas une ultime tentative de l'organisme pour combattre la maladie en se mettant en hibernation? Auquel cas il faudrait trouver un moyen pour mettre à profit cette capacité de l'organisme.