En bref - Le vent de la méningite

Une épidémie de méningite frappe chaque année en Afrique, entre février et mai, et touche de 25 000 à 200 000 personnes. Pourrait-elle être bêtement sous la dépendance du vent et de l'humidité?

C'est ce que suggère une étude française menée par l'Institut de recherche et développement (IRD). Ces chercheurs ont d'abord créé un modèle des cycles climatiques annuels, à partir de la vitesse des vents et de l'humidité. Par exemple, l'indice de vent le plus élevé et d'humidité le plus faible correspond à la sixième semaine de l'année, entre le 7 et le 15 février. Les chercheurs ont ensuite comparé le tout aux données épidémiologiques du Mali, entre 1994 et 2002. Leur analyse démontre que l'évolution de l'indice de vitesse du vent suit de près la hausse des cas de méningite, le début de l'épidémie coïncidant avec le moment où les vents d'hiver sont les plus forts. En hiver, cette région, située entre les 10e et 15e degrés de latitude Nord, à l'Ouest de l'Afrique, subit les vents d'Harmattan, vents chauds et secs, chargés de poussières, qui fragilisent les muqueuses respiratoires et favorisent le passage du méningocoque dans le sang.