Le vaisseau Orion est de retour sur Terre

Le vaisseau a d’abord été freiné dans sa vertigineuse descente par l’atmosphère, puis par une série de pas moins de onze parachutes, jusqu’à atteindre une vitesse d’environ 30 km/h au moment de toucher l’eau.
Jose Romero / NASA TV / Agence France-Presse Le vaisseau a d’abord été freiné dans sa vertigineuse descente par l’atmosphère, puis par une série de pas moins de onze parachutes, jusqu’à atteindre une vitesse d’environ 30 km/h au moment de toucher l’eau.

Après avoir passé un peu plus de 25 jours dans l’espace et s’être rendu autour de la Lune, le vaisseau Orion de la NASA a amerri dimanche dans l’océan Pacifique, mettant avec succès un terme à la mission test Artémis 1 chargée de préparer le retour des humains sur la Lune dans les années qui viennent.

L’amerrissage a eu lieu au large de l’île mexicaine de Guadalupe à 9 h 40 (12 h 40 heure de Montréal).

« Depuis des années, des milliers de personnes se sont consacrées à cette mission », a souligné dans un communiqué le patron de l’agence spatiale américaine, Bill Nelson. « Ce jour marque une grande réussite pour la NASA, les États-Unis, nos partenaires internationaux, et toute l’humanité. »

La capsule, qui ne comportait pas d’astronaute à bord, est entrée dans l’atmosphère terrestre à une vitesse de 40 000 km/h et a dû supporter une chaleur infernale de 2800 °C, soit la moitié de la température de la surface du Soleil.

L’objectif principal de la mission était de tester dans ces conditions le bouclier thermique de la capsule, le plus grand jamais construit (5 m de diamètre).

Le vaisseau a d’abord été freiné dans sa vertigineuse descente par l’atmosphère, puis par une série de pas moins de onze parachutes, jusqu’à atteindre une vitesse d’environ 30 km/h au moment de toucher l’eau.

« Nous avons eu un amerrissage absolument parfait », s’est réjouie Melissa Jones, responsable des opérations de récupération, auxquelles la NASA s’entraîne depuis des années.

Peu après, des hélicoptères ont survolé le vaisseau spatial, qui ne montrait pas de dommages apparents. Orion devait être laissé deux heures dans l’eau, soit bien plus que si des astronautes étaient à bord, afin de collecter des données — notamment sur la chaleur induite à l’intérieur de la capsule.

Puis des plongeurs y attacheront des câbles afin de la remorquer à l’aide de bateaux pneumatiques jusqu’à l’intérieur d’un navire de la marine américaine, l’USS Portland, dont l’arrière sera en partie immergé. L’eau sera ensuite pompée, permettant que la capsule soit lentement déposée sur un support prévu à cet effet.

Les opérations devaient prendre entre quatre et six heures à partir du moment de l’amerrissage.

L’USS Portland prendra ensuite la route de San Diego, sur la côte Ouest américaine, où la capsule sera débarquée dans les jours qui viennent.

2,2 millions de kilomètres

Le succès de cette mission était crucial pour la NASA, qui a investi des dizaines de milliards de dollars dans le programme américain de retour sur la Lune, Artémis. Après le retour d’humains sur la surface lunaire, son but est de préparer un futur voyage vers Mars.

En 2014, un premier test de la capsule avait été réalisé, mais elle n’avait alors pas quitté l’orbite terrestre, et était donc rentrée moins vite dans l’atmosphère (environ 32 000 km/h).

Au total, le vaisseau a cette fois parcouru plus de 2,2 millions de kilomètres dans l’espace, depuis son décollage le 16 novembre lors du baptême de l’air de la nouvelle mégafusée de la NASA, SLS.

Orion a survolé la Lune à quelque 130 kilomètres de sa surface, et s’est aventuré jusqu’à plus de 430 000 km de notre planète, soit plus loin que tout vaisseau habitable auparavant.

Récupérer la capsule permettra de recueillir de nombreuses données déterminantes pour les missions suivantes. D’abord en détaillant l’état du vaisseau après son voyage, mais aussi en analysant les enregistrements de capteurs des accélérations et vibrations subies à bord, ou encore les performances d’une veste antiradiation.

Certains éléments du vaisseau doivent en outre être réutilisés pour la capsule d’Artémis 2, déjà bien avancée.

Cette deuxième mission, prévue pour 2024, emmènera un équipage jusqu’à la Lune, toujours sans y atterrir. La NASA devrait annoncer très prochainement le nom des astronautes choisis.

Artémis 3, officiellement programmée en 2025, atterrira, elle, pour la première fois sur le pôle Sud de la Lune, où se trouve de l’eau sous forme de glace.

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