Trois minutes pour un doctorat

Le concours Ma thèse en 180 secondes est ouvert à toutes les disciplines.
Photo: Mathieu Belanger Le concours Ma thèse en 180 secondes est ouvert à toutes les disciplines.

Sur la scène du Théâtre Outremont, ce jeudi, Audréanne Loiselle devra résumer en 180 secondes le doctorat sur les services rendus par les milieux humides sur lequel elle travaille au Département de sciences biologiques de l’Université de Montréal depuis cinq ans. Pour elle, ce sera l’occasion idéale de démontrer aux membres du public l’importance qu’ont ces milieux réputés indésirables et nauséabonds dans leur vie.

Audréanne Loiselle représente le Canada à la grande finale internationale du concours Ma thèse en 180 secondes, parrainé par l’ACFAS. Vingt finalistes d’autant de pays, dont la Belgique, Haïti et Madagascar, y seront en compétition jeudi.

L’événement lancé par l’ACFAS dans sa version francophone en 2012 « est inspiré d’un concours qui s’est tenu pour la première fois en anglais en 2008 », explique Sophie Montreuil, directrice de l’organisme, qui accueille l’ultime rendez-vous pour la deuxième fois de son histoire.

Sortir de sa tour d’ivoire

« L’a priori du concours, c’est toujours d’expliquer son sujet pour un public de non-spécialistes », explique Mme Montreuil.

Dès ses débuts, l’ACFAS, qui célèbre ses 100 ans cette année, s’est donné pour mission de vulgariser la science et de rendre ses objectifs accessibles au plus grand nombre, note-t-elle. « Déjà, le frère Marie-Victorin et ses acolytes prônaient le rapprochement et la nécessité pour les scientifiques de sortir de cette tour d’ivoire, de ne pas discuter qu’entre pairs, d’aller à la rencontre de tous les publics », poursuit-elle. « C’est une occasion de reconnaître ce qui est fait et de rechercher les possibilités d’agir sur les problèmes de la société et des individus. »

Le concours Ma thèse en 180 secondes est ouvert à toutes les disciplines. Jeudi, on y discutera autant d’environnement que de littérature, de santé que de langue.

En fait, les critères sont les mêmes dans toutes les universités et tous les pays. Les participants au concours doivent respecter le délai de 180 secondes, au terme duquel un gros gong les rappelle à l’ordre, et ainsi faire preuve de talents d’orateur et de vulgarisateur. « Au bout de trois minutes, on doit savoir quel est le projet de recherche, quels en sont les objectifs et quels en sont les gains », résume Sophie Montreuil.

Science et spectacle

 

La grande finale de jeudi est conçue comme un spectacle. La slameuse scientifique Cosinus énoncera les règlements, et la chanteuse Florence K, également candidate au doctorat en psychologie, y livrera une performance musicale. Et c’est gratuit.

Déjà, Audréanne Loiselle s’est distinguée comme finaliste à l’échelle canadienne. Comptera-t-elle parmi les trois gagnants qui émergeront de la grande finale internationale ?

« J’ai vu dans ce concours trois choses », raconte-t-elle. « J’y ai vu un défi et une opportunité de mieux m’approprier mon sujet de thèse de façon originale et de le vulgariser. J’ai vu aussi l’occasion de rencontrer des gens des quatre coins du monde qui parlent français. »

Au Département de sciences biologiques de l’Université de Montréal, où elle étudie, les étudiants de troisième cycle consacrent en moyenne cinq ans et demi à leur doctorat.
 



Une version précédente de ce texte, titrée «Une minute et demie pour un doctorat», a été modifiée.

 

Ma thèse en 180 secondes

Théâtre Outremont, 6 octobre, 19 h

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