Un laboratoire de confinement dans l’oeil de Valérian Mazataud

Depuis mars 2021, un laboratoire du niveau de confinement 3 (NC3), qui permet de manipuler des virus actifs et endémiques au Québec, comme le virus du Nil occidental ou le SRAS-CoV-2, est établi au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie (AFSB) de l’Institut national de recherche scientifique (INRS), à Laval. Une trentaine de laboratoires NC3 sont autorisés au pays par Santé Canada. Hors de la zone de confinement, le Centre AFSB, sous la direction des chercheurs Laurent Chatel-Chaix et Kessen Patten, mène des recherches sur le virus Zika et le virus de la dengue, qui affectent chaque année des dizaines de millions de personnes à travers le monde et qui pourraient un jour, en raison des changements climatiques, devenir endémiques au Québec.

1 L’étudiante au doctorat Hélène Pinatel effectue un contrôle de suivi sur des cellules infectées dans le laboratoire NC3. À l’heure actuelle, le laboratoire permet d’étudier le virus du Nil occidental, mais également les effets du SRAS-CoV-2 sur le placenta humain, à travers un projet de recherche de la professeure Cathy Vaillancourt. Valérian Mazataud Le Devoir
2 Anaïs Anton, l’agente de recherche du professeur Laurent Chatel-Chaix, change le milieu de culture de cellules infectées par le virus du Nil occidental. À l’intérieur du laboratoire NC3, chaque manipulation doit être effectuée sous la hotte aspirante, et pratiquement chaque mouvement est précédé ou suivi d’une désinfection à l’aide d’un vaporisateur. Valérian Mazataud Le Devoir
3 Laurent Chatel-Chaix discute avec Hélène Pinatel et Anaïs Anton, qui effectuent des opérations dans le laboratoire NC3. L’accès restreint au laboratoire est soumis à des mesures de sécurité et de désinfection draconiennes, et un mécanisme de la combinaison hermétique permet de filtrer l’air ambiant. Valérian Mazataud Le Devoir
4 Dans le laboratoire du professeur Chatel-Chaix, la stagiaire Geneviève Mercier prépare des cellules infectées par le virus Zika pour un test PCR. Son projet de recherche vise à étudier la manière dont le virus semble désactiver l’immunité des cellules hôtes pour mieux les infecter. Valérian Mazataud Le Devoir
5 Le doctorant Clément Mazeaud sort les réserves de lignées cellulaires qui sont utilisées dans le cadre des recherches du Centre AFSB, qui sont conservées dans l’azote liquide à –195 degrés Celsius. Le procédé de cryoconservation permet de maintenir en vie des cellules à très long terme, car le froid suspend toute activité biologique. Valérian Mazataud Le Devoir
6 Le Centre AFSB conserve de nombreuses lignées cellulaires variées pour mener ses expériences : des cellules de singes ou de hamsters, mais aussi des cellules de foie et de poumon humains, ou des cellules cancéreuses, dont certaines sont utilisées et répliquées depuis plus de 40 ans. Valérian Mazataud Le Devoir
7 Clément Mazeaud observe des cellules au microscope. Le doctorant cherche à mettre en évidence les protéines des cellules hôtes qui interagissent entre elles lors d’une infection par le virus Zika. Pour être à même d’interpréter ses résultats, il doit s’assurer du nombre de cellules infectées lors de chaque expérience et utilise pour ce faire des outils très simples : un microscope, un quadrillage et une calculatrice. Valérian Mazataud Le Devoir
8 Cette technique de coloration permet à Clément Mazeaud d’observer les effets de la modification d’une protéine spécifique lors de l’infection de cellules hôtes par le virus Zika. Identifier les molécules de la cellule indispensables à la réplication du virus, qui pourraient devenir des cibles thérapeutiques, constitue l’un des axes de recherche principaux du laboratoire de Laurent Chatel-Chaix. Valérian Mazataud Le Devoir
9 Aïcha Sow, qui travaille sous la direction du professeur Kessen Patten et de la Fondation Brain Canada, participe à la mise au point d’un nouveau modèle d’étude animale qui pourrait révolutionner la recherche sur le virus Zika. Plutôt que d’avoir recours à des souris ou à des macaques pour étudier les microcéphalies provoquées par le virus, elle utilise des poissons zèbres, de minuscules vertébrés dont la structure neuronale est comparable à celle de l’humain. Valérian Mazataud Le Devoir
10 Observation de larves de poissons zèbres infectées par le virus Zika. Les microcéphalies et les affections du système nerveux sont visibles en quelques jours seulement, ce qui permet d’accélérer grandement la recherche. « Le lundi, je croise les poissons. Le mardi, j’ai des oeufs. Et le vendredi, j’ai terminé mes observations ! » explique avec enthousiasme Aïcha Sow. Et avec 200 oeufs par femelle, la doctorante peut mener de front plusieurs expériences à la fois. À gauche, des lignées de poissons ont été modifiées. Valérian Mazataud Le Devoir

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