Le Québec, épicentre de la pandémie au Canada

En date du 22 décembre, le Québec rapportait près de 400 cas actifs par 100 000 habitants, le plus haut taux parmi les provinces.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne En date du 22 décembre, le Québec rapportait près de 400 cas actifs par 100 000 habitants, le plus haut taux parmi les provinces.

La montée fulgurante des nouvelles infections dues au variant Omicron des dernières semaines place le Québec à l’épicentre de la crise au Canada. Avec ses 6361 cas recensés mercredi, la province comptait, à elle seule, près de la moitié des nouvelles infections signalées au pays cette journée-là.

Selon les données du gouvernement canadien en date de mercredi, la province comptait un taux de 348 cas par 100 000 habitants au cours des sept derniers jours, soit plus du double de l’Ontario voisin (166) et du triple de l’Alberta (114). Le Québec se trouve également loin devant la moyenne du pays de 186.

La province rapporte près de 400 cas actifs par 100 000 habitants en date du 22 décembre, le plus haut taux parmi les provinces. On compte 216 cas actifs par 100 000 pour tout le Canada, 191 en Ontario et 189 au Manitoba.

Malgré son taux écrasant de nouvelles infections, le Québec n’est toutefois pas la seule province à battre des records. On dénombrait jeudi, en Ontario, 5790 nouvelles infections, un sommet quotidien depuis le début de la pandémie. Même chose au Québec, qui a signalé un bilan de près de 9400 cas, battant le record de 6043 établi la veille.

La Nouvelle-Écosse a aussi battu son record quotidien pour la septième journée consécutive mercredi, avec 537 nouveaux cas. De nouvelles restrictions plus sévères sont entrées en vigueur mercredi, juste avant les vacances.

Pour sa part, le Nouveau-Brunswick a signalé mercredi un nombre record de 237 nouveaux cas de COVID-19, le bilan quotidien le plus élevé depuis le début de la pandémie. Le gouvernement a emboîté le pas au Québec en annonçant la réduction de la capacité dans les restaurants et centres de soins personnels, ainsi que l’interdiction des compétitions sportives.

Le nombre de cas quotidiens a également bondi de 161 % en une semaine en Colombie-Britannique. Les 1528 nouveaux cas pour la journée de mercredi marquent, eux aussi, le bilan quotidien le plus élevé de la province à ce jour.

Progression des hospitalisations

 

Malgré des bilans de cas quotidiens en deçà de ceux du Québec et deux fois moins de cas actifs, l’Ontario recense sensiblement le même nombre de patients hospitalisés à l’heure actuelle.

La province la plus populeuse signalait un bilan de 440 hospitalisations jeudi (en hausse de 20 par rapport à la veille), soit 33 de moins qu’au Québec. Plus des deux tiers de ces hospitalisations concernent des personnes qui ne sont pas entièrement vaccinées ou dont le statut vaccinal était inconnu.

La Santé publique de l’Ontario estime que 90 % des cas en date du 20 décembre seraient attribuables au variant Omicron, alors qu’il représente maintenant 80 % des infections au Québec, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, a déclaré que le nombre de patients qui nécessitent une hospitalisation ou un séjour aux soins intensifs risque d’augmenter au cours des prochaines semaines.

En Colombie-Britannique, un rapport d’un groupe indépendant de modélisation indique que les hospitalisations dues à la vague alimentée par Omicron pourraient atteindre des niveaux sans précédent vers la mi-janvier.

La montée d’Omicron n’a pas, pour le moment, entraîné de vague de décès. On comptait 120 morts dues à la COVID-19 au Canada depuis les sept derniers jours, en date de mercredi. Plus de la moitié d’entre eux étaient recensés dans les deux plus grandes provinces canadiennes, avec 40 décès en Ontario et 30 au Québec.

Restrictions des Fêtes

 

Face à la progression d’Omicron, presque toutes les provinces ont réinstauré des mesures sanitaires afin de limiter sa propagation à la veille du temps des Fêtes.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a annoncé les nouvelles restrictions vendredi dernier, affirmant que le variant Omicron menace de submerger le système de santé. Les restaurants, les gymnases et de nombreux autres lieux intérieurs ont désormais une limite de capacité réduite de moitié. La province a également intensifié sa campagne pour la dose de rappel du vaccin contre la COVID-19.

Depuis mercredi, plusieurs nouvelles restrictions ont également pris effet en Colombie-Britannique : les discothèques et les bars ont dû fermer leurs portes, tout comme les salles de sport et les studios de danse. Les restaurants et les cafés doivent maintenant limiter le nombre de clients assis à six par table.

L’Île-du-Prince-Édouard s’est jointe à Terre-Neuve-et-Labrador et a annoncé de nouvelles exigences d’isolement pour tous les visiteurs. Depuis mercredi, toute personne arrivant dans la province insulaire doit faire une quarantaine d’au moins quatre jours, avec obligation de faire des tests rapides lors du deuxième et du quatrième jour. Les bars et restaurants doivent désormais fermer à 23 h.

Contrairement aux autres provinces, la Saskatchewan a indiqué qu’elle ne compte pas resserrer ses mesures dans l’immédiat, sous prétexte qu’il n’y a pas encore de transmission communautaire de masse du variant Omicron dans la province. Mercredi, 105 nouveaux cas ont été recensés, le plus haut bilan depuis la fin novembre.

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