Federico Rosei veut enrichir nos connaissances sur les nanomatériaux

Rabéa Kabbaj
Collaboration spéciale
«Il est très important de développer une nouvelle génération de technologies qui puissent permettre d’aborder plus rapidement et efficacement la transition énergétique vers le développement durable», souligne le chercheur.
Photo: Christian Fleury «Il est très important de développer une nouvelle génération de technologies qui puissent permettre d’aborder plus rapidement et efficacement la transition énergétique vers le développement durable», souligne le chercheur.

Ce texte fait partie du cahier spécial Les prix de l'Acfas

Le professeur Federico Rosei étudie les matériaux susceptibles de permettre le développement d’une nouvelle génération de technologies dans le but d’aborder plus rapidement et plus efficacement la transition énergétique.

C'est avec bonheur et surprise que Federico Rosei, professeur au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), reçoit le prix Acfas Urgel-Archambault pour les sciences physiques, mathématiques, informatique et génie. Cette distinction a une résonance d’autant plus particulière pour lui qu’elle émane de l’association canadienne par excellence de promotion et de diffusion de la recherche scientifique francophone, lui qui n’a pas le français pour langue première.

« C’est une marque de reconnaissance par les pairs d’un très haut niveau. Je ne suis pas francophone, je viens d’Italie. J’ai choisi le Québec dans un certain contexte : le contexte canadien et celui de la recherche internationale. En général, surtout en sciences naturelles et génie, on a tendance à faire de la recherche en anglais, mais c’est vrai que la dimension du Québec, de l’INRS, ainsi que mes collaborations avec la France, la Suisse, la Belgique et certains pays d’Afrique m’ont quand même permis de développer ce côté francophone qui a des aspects très intéressants, également du point de vue culturel et humain », fait valoir ce physicien, qui se spécialise notamment en nanoscience et en nanotechnologie.

Fier de former la relève

Avec son équipe, M. Rosei s’intéresse aussi bien à des volets de recherche fondamentale — visant à avoir une meilleure compréhension de la façon dont la structure d’un matériau peut influer sur ses propriétés — qu’à des volets plus appliqués.

« Notre priorité aujourd’hui, ce sont les matériaux pour les technologies énergétiques — soit les technologies solaires et les technologies pour le stockage de l’énergie — car, à mon avis, l’énergie et en même temps les changements climatiques sont le plus grand défi auquel on fait face actuellement sur la planète. Alors, il est très important de développer une nouvelle génération de technologies qui puissent permettre d’aborder plus rapidement et efficacement la transition énergétique vers le développement durable », souligne Federico Rosei, qui est également l’instigateur et le titulaire de la Chaire de l’UNESCO sur les matériaux et les technologies pour la conversion, l’économie et le stockage de l’énergie (MATECSS).

Si c’est principalement en tant que scientifique qu’il se voit ici honoré, M. Rosei n’en oublie pas pour autant son chapeau de professeur, qui constitue l’accomplissement professionnel dont il est le plus fier.

« J’ai formé environ 180 jeunes — étudiants à la maîtrise, au doctorat, chercheurs postdoctoraux, etc. — provenant de 42 pays. Parmi eux, 29 sont devenus eux-mêmes professeurs dans 14 pays, une autre vingtaine travaillent comme chercheurs dans le secteur privé, et une dizaine sont employés dans des laboratoires nationaux au Canada, en France, ou encore en Italie. Donc je suis vraiment fier de l’influence et de l’impact que j’ai eus sur la formation de jeunes chercheurs », conclut-il.

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