La pandémie continue de faire des vagues au Québec malgré la vaccination

La pandémie continue de faire des vagues au Québec malgré une vaccination très étendue. Comment expliquer cette virulence alors que l’écrasante majorité des Québécois sont adéquatement protégés ?

Cette progression s’explique largement par le relâchement des mesures sanitaires depuis quelque temps, indique le Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec.

« Si on enlevait toutes les mesures, qu’il n’y avait plus aucune mesure, je peux vous dire que ça monterait très, très rapidement », assure-t-il.


Le taux de vaccination devrait toutefois limiter la propagation du virus pour les prochains mois, nuance Benoit Barbeau, spécialiste de la virologie. La couverture vaccinale va « au-delà de ce qu’on pouvait imaginer », et selon lui, la quatrième vague est « bien contenue ».

Des poches de résistance

Les quelque 750 000 personnes toujours non vaccinées au Québec menacent toutefois l’équilibre sanitaire. Leur regroupement favorise la prolifération du virus et, du même coup, le prolongement de la pandémie.

« Souvent les gens non vaccinés ont tendance à rester entre eux », note le Dr De Serres. « Il y a un assortiment qui fait que les gens opposés à la vaccination vont avoir un groupe d’amis d’autres individus qui ont les mêmes croyances. Ça fait que lorsqu’une infection entre dans ces groupes-là, elle a des chances de se propager dans ces groupes-là. »

Le Nunavik, par exemple, enregistre des taux alarmants. Le territoire inuit rapporte un taux de 1450 cas actifs sur 100 000 habitants, alors que la moyenne québécoise est présentement de 61 pour 100 000. L’exiguïté des logements et le froid hivernal alimentent certainement la contamination, mais le taux de vaccination plus faible y joue pour beaucoup, selon les spécialistes. Pourtant, près de 70 % de la population admissible du Nunavik est adéquatement vaccinée.

« Le Nunavik est une exception », relativise Benoit Barbeau. Le taux de vaccination au Québec étant « relativement représentatif » de l’ensemble des sous-régions du Québec, il existe peu de communautés véritablement à découvert. Néanmoins, l’exemple du Nunavik doit être considéré comme « un sérieux avertissement », prévient-il, car le « pire des scénarios, c’est quand vous avez trop de personnes non vaccinées dans une communauté ».

Le médecin-chef du groupe scientifique en immunisation de l’INSPQ estime que tous ceux qui refuseront le vaccin finiront par être infectés d’une manière ou d’une autre, avec des symptômes plus ou moins graves. « En choisissant d’être non vaccinés, ils ont choisi de faire l’infection. »
 

Ce texte est tiré de notre infolettre « Le courrier du coronavirus » du 8 novembre 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.
 

 



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