Moderna annonce une réponse immunitaire «forte» pour son vaccin chez les 6-11 ans

La dose du vaccin de Moderna contre la COVID-19 a été adaptée à 50 microgrammes pour les enfants, contre 100 microgrammes pour les tranches d’âge plus âgées.
Photo: Angela Weiss Agence France-Presse La dose du vaccin de Moderna contre la COVID-19 a été adaptée à 50 microgrammes pour les enfants, contre 100 microgrammes pour les tranches d’âge plus âgées.

Moderna a annoncé lundi des résultats positifs pour son vaccin contre la COVID-19 chez les enfants âgés de 6 à 11 ans, ouvrant la voie à une possible autorisation prochaine de deux vaccins pour cette tranche d’âge, avec celui de Pfizer.

Les essais cliniques menés par Moderna sur plus de 4700 jeunes participants « démontrent une réponse immunitaire forte chez ce groupe d’enfants un mois après la seconde dose », avec des niveaux d’anticorps « robustes » détectés, a déclaré l’entreprise dans un communiqué. Le vaccin présente en outre un « profil de sécurité favorable » et était « généralement bien toléré », a-t-elle ajouté. Les effets secondaires les plus courants étaient de la fatigue, des maux de tête, de la fièvre et une douleur au niveau de l’injection.

« Nous avons hâte de soumettre les données aux agences de régulation mondiales », a déclaré le patron de Moderna, Stéphane Bancel, cité dans le communiqué. Cela devrait être fait « à court terme », selon la compagnie.

La dose pour les enfants a été adaptée à 50 microgrammes, contre 100 microgrammes pour les tranches d’âge plus élevées. Ce dosage de 50 microgrammes est également celui choisi pour la dose de rappel de Moderna chez les adultes, qui vient d’être autorisée aux États-Unis.

Moderna mène en parallèle des essais cliniques sur les enfants plus jeunes encore, entre 6 mois et 5 ans, mais est encore en train de recruter des participants pour ceux-ci. Pour le moment, aux États-Unis, le vaccin de Moderna est seulement autorisé à partir de 18 ans, même si l’entreprise a déposé il y a des mois une demande d’autorisation pour les adolescents.

Premières injections dès novembre

Les résultats annoncés lundi signifient que deux vaccins pourraient être disponibles pour les jeunes enfants dans un avenir proche. Un comité consultatif de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine autorisant ou non les médicaments, doit en effet se réunir mardi pour étudier la demande d’autorisation du vaccin de Pfizer chez les enfants de 5 à 11 ans. Cela représente 28 millions d’enfants aux États-Unis.

Le laboratoire américain a annoncé la semaine dernière que son vaccin était efficace à 90,7 % pour prévenir les formes symptomatiques de la maladie chez cette tranche d’âge.

Avant la réunion de son comité, la FDA a publié sa propre interprétation des données, qui semble indiquer que l’agence est favorable à l’autorisation du remède. La FDA était notamment inquiète que le vaccin puisse provoquer chez les enfants un nombre important de cas de myocardites, une inflammation du muscle cardiaque. Mais l’analyse réalisée « prédit que le nombre d’issues cliniquement significatives évitées liées à la COVID-19 contrebalancerait de façon nette le surplus de cas de myocardites associé au vaccin », a écrit le régulateur américain.

Si la FDA donne son feu vert, les Centres de prévention et de lutte contre les maladies devront également approuver le vaccin et publier leurs recommandations précises à destination des professionnels de santé qui administrent les doses.

La Maison-Blanche a indiqué que les vaccinations de jeunes enfants pourraient alors commencer dans les jours suivants. « Si tout va bien, […] il est entièrement possible, si ce n’est même très probable, que des vaccins soient disponibles pour les enfants de 5 à 11 ans durant la première ou la deuxième semaine de novembre », a déclaré dimanche le conseiller de la Maison-Blanche sur la crise sanitaire, le Dr Anthony Fauci, sur ABC.

Les enfants n’auront pas besoin d’être vaccinés pour entrer aux États-Unis

Les mineurs âgés de moins de dix-huit ans n’auront pas besoin de prouver qu’ils sont vaccinés contre la COVID-19 pour entrer aux États-Unis après le 8 novembre, a indiqué lundi l’administration américaine. Un haut responsable de la Maison-Blanche, lors d’une conférence téléphonique précisant les modalités de la réouverture des frontières aux voyages aériens, a indiqué que cette exemption tenait compte à la fois des différences réglementaires entre pays sur la vaccination des enfants, et de la disponibilité des vaccins. Les États-Unis rouvriront leurs frontières aux personnes vaccinées le 8 novembre. Elles avaient été fermées à partir de mars 2020 à des millions de voyageurs du monde entier, hors motifs impérieux de déplacement. Les autorités sanitaires autoriseront toutefois quelques exceptions « très limitées » à cette obligation vaccinale, selon la même source. Selon un document distribué par l’administration américaine, outre les enfants, seront dispensés certains participants à des essais cliniques de vaccins contre le COVID-19, les personnes ayant des contre-indications médicales à la vaccination, les voyageurs devant se déplacer pour des raisons urgentes ou humanitaires (justificatif à l’appui) et les personnes venues, pour des raisons autres que le tourisme, de pays où le vaccin est difficile à obtenir. Les enfants âgés de plus de deux ans, et non vaccinés, devront se faire tester dans les trois jours avant le départ s’ils voyagent avec des adultes vaccinés. Le délai est réduit à un jour s’ils voyagent seuls ou avec des adultes non vaccinés.

Agence France-Presse



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