Douze embryons créés pour sauver le rhinocéros blanc du Nord

Il ne reste plus sur Terre que deux rhinocéros blancs femelles, Najin et sa fille Fatu, qui vivent sous bonne garde dans la réserve kényane d’Ol Pejeta.
Photo: Philip Fong Agence France-Presse Il ne reste plus sur Terre que deux rhinocéros blancs femelles, Najin et sa fille Fatu, qui vivent sous bonne garde dans la réserve kényane d’Ol Pejeta.

Un total de 12 embryons de rhinocéros blancs du Nord ont été créés au terme de deux années de travaux visant à sauver cette sous-espèce déjà techniquement éteinte, ont annoncé les scientifiques en charge de ce projet.

Depuis le décès en 2018 du dernier mâle, il ne reste plus sur Terre que deux femelles, Najin et sa fille Fatu, qui vivent sous bonne garde dans la réserve kényane d’Ol Pejeta. Mais les gamètes de plusieurs mâles ont été conservés.

BioRescue, un consortium de scientifiques et de conservationnistes, a, depuis août 2019, collecté 80 ovocytes sur les deux mastodontes, parvenant à fabriquer un total de 12 embryons, ont-ils annoncé jeudi soir dans un communiqué.

Interrogé vendredi par l’AFP, le directeur d’Ol Pejeta, Richard Vigne, a souligné que malgré ces résultats prometteurs de nombreux défis persistent.

« Personne ne va prétendre que c’est facile mais je pense qu’il y a de fortes chances que ce soit quand même un succès », a-t-il dit, évoquant d’importants « défis ».

« Nous faisons des choses d’avant-garde d’un point de vue scientifique et nous travaillons avec de la génétique, avec les deux derniers rhinocéros blancs du Nord sur la planète : il y a beaucoup, de choses qui pourraient mal se passer », a-t-il ajouté.

Aucune des deux femelles n’est en mesure de mener une grossesse à son terme : Fatu souffre de lésions dégénératives au niveau de l’utérus et Najin d’une fragilité de son train arrière incompatible avec une portée.

Pour obtenir des bébés rhinocéros blanc du Nord, qui vivaient notamment au Soudan du Sud et en Ouganda, les scientifiques auront recours à des mères porteuses sélectionnées parmi des femelles de rhinocéros blancs du Sud, originaires d’Afrique australe.

Outre Ol Pejeta et l’agence kényane de protection de la faune (KWS), BioRescue réunit entre autres l’Institut Leibniz de recherche zoologique et animale, en Allemagne, et le laboratoire Avantea, en Italie, spécialiste de la reproduction de chevaux et de bovins.

« Il est très encourageant de voir que le projet a continué à faire de bons progrès dans cette ambitieuse tentative de sauver de l’extinction une espèce emblématique », a déclaré le ministre kényan du Tourisme, Najib Balala, cité dans le communiqué.

Dans leur milieu naturel, les rhinocéros n’ont que peu de prédateurs, grâce à leur taille et l’épaisseur de leur peau. Mais de prétendues vertus médicinales attribuées en Asie à leur corne ont alimenté dans les années 1970 et 80 un braconnage implacable, facilité par les conflits.

Les rhinocéros modernes sillonnent notre planète depuis 26 millions d’années. Au milieu du 19e siècle, on estimait leur population à plus d’un million d’individus en Afrique.

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