Le virus à l’origine de la pandémie est là pour longtemps

Le virus à l’origine de la pandémie de COVID-19 est là pour longtemps, avertit le magazine « Nature ».
Marie-France Coallier Le virus à l’origine de la pandémie de COVID-19 est là pour longtemps, avertit le magazine « Nature ».

La sortie de crise se profile peut-être au Québec, mais le virus à l’origine de la pandémie est là pour longtemps, prévient la revue scientifique Nature dans un article publié jeudi dernier

Le prestigieux magazine extrapole trois scénarios de fin de pandémie, et aucun d’eux ne postule la disparition de ce coronavirus.

Le meilleur scénario implique la mutation naturelle du virus en un agent infectieux aux effets limités sur la santé, plus faibles que ceux de la grippe commune.

Le pire scénario suppose que la pandémie demeure longtemps non maîtrisée. « Ainsi, nous allons faire face à un avenir avec des manifestations graves de la maladie, combinées avec de hauts niveaux d’individus infectés qui, en retour, pourraient favoriser de nouvelles évolutions du virus », prédit la dizaine d’auteurs de l’article scientifique revu par les pairs.

Le scénario « le plus probable » repose sur la rétrogradation de la pandémie en épidémie. Cette transition implique la distribution de masse de traitements efficaces pour prévenir la progression de la maladie. Les conséquences de la COVID-19 deviendraient alors semblables à celles de la grippe. L’article rappelle toutefois que cette maladie cause, bon an mal an, entre 250 000 et 500 000 morts annuellement.

« On doit s’attendre à être capables de vivre avec le virus de la COVID-19 dans les prochaines années et pour longtemps », confirme au Devoir le virologue Benoît Barbeau. Ce dernier scénario, effectivement plus probable selon lui, implique que des vaccins soient offerts chaque année aux populations vulnérables, comme c’est déjà le cas pour bloquer la transmission du virus de la grippe. « Avec les technologies qu’on a de Pfizer et de Moderna, cette réalité est encore plus évidente, parce qu’ils ont une flexibilité extraordinaire pour produire ces vaccins adaptés en quelques semaines. »

La couverture vaccinale à grande échelle n’a permis d’éradiquer qu’une seule infection dans l’histoire, celle de la variole. Une surveillance accrue et des campagnes de vaccination ciblées ont joué un grand rôle dans ce succès médical, explique la revue Nature. Benoît Barbeau précise que le virus de la variole ne mute pas aussi aisément que les coronavirus, et donc que les vaccins sont « extrêmement efficaces » comme cette maladie.

Il ajoute que le SRAS-CoV-1, apparu au début des années 2000, a lui aussi été éradiqué, mais très rapidement, et grâce à une réponse internationale musclée.

Puisque la COVID-19 est désormais trop répandue pour être contenue, tout dépend maintenant de la trajectoire des mutations du virus. Nature stipule qu’il est « naïf » de penser pouvoir prédire l’évolution de la virulence du SRAS-CoV-2. « À quel point le virus va continuellement être capable de se renouveler pour revenir chaque année avec une version différente qui va lui permettre d’être peu neutralisée par les vaccins ? La question reste ouverte », dit Benoît Barbeau.



À voir en vidéo