À quel point les vaccins empêchent-ils de transmettre le virus?

Avec le déconfinement viendra, inévitablement, l’augmentation du nombre de contacts rapprochés. Des personnes ayant reçu zéro, une ou deux doses de vaccin verront des personnes ayant reçu zéro, une ou deux doses de vaccin. On sait que les vaccins protègent très bien contre les infections à la COVID-19, et encore mieux contre les cas graves. Toutefois, dans les rares cas où les vaccinés attrapent le virus (même sans développer de symptômes), à quel point le passent-ils au suivant?

À cette épineuse question, déjà abordée dans notre infolettre en février, on trouve de nouvelles réponses de semaine en semaine. Selon des études effectuées dans quelques pays, les vaccins coupent environ de moitié les risques de transmission de la COVID-19 posés par les personnes vaccinées à leurs contacts. Un constat rassurant, qui appelle néanmoins à maintenir une certaine prudence tant que le virus circule fortement dans les communautés.

Fin avril, l’agence anglaise de santé publique informait des résultats d’une grande étude portant sur plus de 365 000 ménages à moitié vaccinés où au moins un cas de COVID-19 avait été décelé. Quand le «cas index», c’est-à-dire la personne ayant importé le virus dans la maisonnée, était vacciné depuis 21 jours ou plus, les risques que celui-ci produise de la «transmission secondaire» auprès de ses proches étaient 40-50% moins élevés. Les résultats valaient autant pour le vaccin de Pfizer que celui d’AstraZeneca.

Très récemment, une étude en provenance de la Finlande allait dans le même sens. De deux à dix semaines après la première dose, le risque d’infection secondaire diminuait progressivement pour atteindre environ 40%. Un peu moins de la moitié du groupe à l'étude avait reçu sa deuxième dose après quatre semaines; le reste du groupe n’avait toujours qu’une seule dose au bout des dix semaines. Cette prépublication, pas encore révisée par les pairs, a été déposée en ligne le 29 mai.

Le mécanisme en cause pour couper la transmission secondaire n’est pas sorcier: le virus se multiplie tout simplement moins chez les personnes vaccinées qui développent une infection. Une étude d’Israël , parue à la fin mars, montrait que la charge virale des infections survenant de 12 à 37 jours après une première dose de vaccin était «substantiellement réduite». «Ces charges virales réduites laissent entrevoir une infectiosité potentiellement moindre, ce qui contribue à l’effet du vaccin sur la propagation du virus», expliquaient les auteurs de la publication parue dans Nature Medicine.
Ce texte est issu du Courrier du coronavirus du 31 mai 2021. Pour vous abonner gratuitement à cette infolettre, cliquez ici.


À voir en vidéo