Génétique - Des cellules souches pour repeupler le cerveau d'un rat

Washington — Des chercheurs américains ont utilisé pour la première fois avec succès des cellules souches pour peupler une région endommagée du cerveau d'un rat avec de nouveaux neurones, selon une étude publiée hier dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences.

«Nous ne sommes pas en train de dire que nous pouvons traiter des patients immédiatement, mais il s'agit d'un grand pas en avant», déclare dans cette étude le neurochirurgien Gary Steinberg, de l'école de médecine de l'université Stanford, en Californie.

Un accident cérébrovasculaire laisse dans le cerveau un vide permanent qui peut détruire la capacité d'une personne à parler et à se mouvoir. Remplir ce vide avec de nouvelles cellules est un objectif de la recherche sur les cellules souches, mais jusqu'à maintenant toutes les tentatives ont dû faire face à des complications.

L'équipe de Gary Steinberg a constaté que des cellules souches issues de foetus qui ont été injectées dans le cerveau d'un rat pouvaient migrer vers le bon endroit et se transformer en neurones appropriés.

Toutefois, l'étude ne permet pas encore de dire si les cellules souches issues de foetus peuvent aider les rats à récupérer leurs fonctions cérébrales après un accident cérébrovasculaire.

Les chercheurs ont préféré utiliser des cellules souches issues de foetus plutôt que des cellules souches issues d'un cerveau adulte tirées d'un embryon, et ce pour deux raisons.

Bush et Kerry opposés

Les cellules souches neuronales adultes injectées dans le cerveau de rats ne survivent pas longtemps ou ne migrent pas au bon endroit, et la recherche utilisant des cellules souches issues d'embryon humain est soumise à des restrictions aux États-Unis.

Le président américain, George W. Bush, sous la pression de groupes religieux, a interdit le financement de toute recherche publique utilisant des cellules souches issues d'embryons détruits après sa décision d'août 2001, une mesure critiquée par la communauté scientifique. Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, John Kerry, s'est déclaré de son côté en faveur de la levée des restrictions imposées à la recherche utilisant des cellules souches.