Le masque chirurgical pour contrer les variants du coronavirus

Porter de meilleurs masques et les porter plus systématiquement pourrait jouer un rôle crucial pour ralentir la transmission des variants plus contagieux du coronavirus.

Alors que les mesures en place au Québec ces dernières semaines sont insuffisantes pour contenir la multiplication du variant B.1.1.7, de nouvelles solutions semblent devenir nécessaires. Or, l’une d’entre elles pourrait déjà se trouver sur notre nez.

« Le masque a plus sa place que jamais », croit Nathalie Grandvaux, directrice d’un laboratoire au Centre de recherche du CHUM et spécialiste des virus respiratoires.

Pour l’instant, rien n’indique que le mécanisme de transmission des variants sous surveillance rehaussée du SRAS-CoV-2 soit différent de celui de la souche d’origine. Cependant, ces nouvelles versions du coronavirus sont significativement plus transmissibles.

Dans ce nouveau contexte, le masque chirurgical, plus efficace que le masque de tissu, gagnerait à être utilisé par tout un chacun dans les espaces clos et publics, tels que les épiceries, affirme Mme Grandvaux.

Elle considère que le gouvernement gagnerait à étudier cette option pour éviter de devoir resserrer des mesures de confinement. « D’un point de vue sanitaire, ça pourrait être une bonne décision. »

Le masque en tout temps au travail

Depuis peu, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recommande le port du masque en tout temps dans les milieux de travail, même quand une distance de plus de deux mètres est respectée. Cette nouvelle ligne directrice découle notamment de la montée en puissance des variants préoccupants dans la province.

« Ce que les variants changent vraiment, c’est qu’ils ajoutent une couche d’incertitude », explique Stéphane Perron, un médecin-conseil qui a participé à l’élaboration de la recommandation. Bien que l’avis vise les milieux de travail, des études montrent que le port continu du masque fonctionne mieux dans tous les milieux.

Le Dr Perron considère que, dans un contexte populationnel, le simple couvre-visage donne de très bons résultats. Il reconnaît cependant que le masque médical confère une meilleure protection à celui qui le porte. « [Le port du masque médical] ne devrait pas remplacer la minimisation des contacts », juge-t-il toutefois.

La question du masque se pose également dans certains milieux spécifiques, comme les centres sportifs. Le couvre-visage n’est pas obligatoire lors de l’entraînement à proprement parler, mais seulement lors des déplacements dans la salle.

Environ 70 clients du gym Méga Fitness, à Québec, y ont contracté la COVID-19 ces derniers jours, avant sa fermeture forcée. « Le plus probable, c’est une contamination par l’air », pense Mme Grandvaux, en spécifiant qu’on en sait toujours très peu sur les détails de cette éclosion.

Et les masques N95 ?

Certains spécialistes croient que le masque N95, qui sert essentiellement dans le milieu de la santé jusqu’à présent, devrait dorénavant s’imposer dans la vie de tous les jours.

« Il n’y a aucune raison pour qu’un travailleur essentiel — ou en fait n’importe qui dans le pays — doive devoir se passer d’un masque qui filtre l’air à 95 % », écrivait par exemple Joseph Allen, un professeur de santé publique à l’Université Harvard, dans une tribune publiée fin janvier dans le Washington Post.

Cet avis ne fait toutefois pas l’unanimité. Pour être pleinement efficaces, les masques N95 doivent être précisément ajustés au visage de chacun. Il peut être difficile de trouver un modèle qui convient. Par ailleurs, ils sont moins confortables, ce qui rend difficile un port prolongé.

« Dans la majorité des contextes, je ne pense pas que le masque N95 soit nécessaire », dit Mme Grandvaux.

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