Les aînés plus susceptibles d’être réinfectés par le coronavirus

Une étude danoise confirme la nécessité de protéger les personnes plus âgées même si elles ont souffert d’une infection précédente.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une étude danoise confirme la nécessité de protéger les personnes plus âgées même si elles ont souffert d’une infection précédente.

Une nouvelle étude indique que les réinfections par le SRAS-CoV-2 ne sont généralement pas fréquentes sauf chez les personnes âgées de plus de 65 ans qui sont deux fois plus souvent victimes d’une seconde infection. Ces observations publiées dans The Lancet soulignent l’importance de vacciner les aînés, et ce, même s’ils ont déjà été infectés.

Cette nouvelle étude a été effectuée à partir de données colligées au Danemark en 2020 sur toutes les personnes ayant subi de multiples tests PCR de dépistage à la fois durant la première vague (soit entre mars et mai) de la pandémie et durant la deuxième vague (soit entre le 1er septembre et le 31 décembre). Les chercheurs de la Staten Serum Institut, à Copenhague, ont ainsi pu constater que seulement 0,65 % des personnes qui avaient reçu un résultat de dépistage positif lors de la première vague ont été déclarées à nouveau positives lors de la seconde vague (soit 72 parmi 11 068). Ces chiffres leur ont permis de déterminer c

Lors d’une analyse centrée sur les professionnels de la santé dont le taux d’infection était environ deux fois plus élevé que celui de la population générale, les chercheurs ont obtenu des résultats similaires puisqu’une première infection leur procurait une protection de 81,1 % contre les réinfections.

Les auteurs affirment n’avoir identifié aucun signe indiquant que cette protection contre les réinfections s’estompait au cours des six mois qui ont suivi le premier épisode de COVID-19 : une observation qui concorde avec celles qui ont été faites dans plusieurs autres études. Compte tenu du peu de temps écoulé depuis le début de la pandémie, il demeure difficile d’estimer la durée exacte de cette immunité protectrice, soulignent les chercheurs qui rappellent que, même si les taux d’anticorps diminuaient après environ cinq mois dans le cas d’une infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), une immunité contre cette infection persistait néanmoins pendant plus de trois ans, et pendant deux ans pour le SRAS-CoV qui a sévi de 2002 à 2004.

Selon les chercheurs, c’est la sénescence du système immunitaire, c’est-à-dire les changements qui surviennent naturellement avec le vieillissement, qui explique le fait qu’une première infection par le SRAS-CoV-2 donne une protection 50 % moins grande aux personnes âgées de plus 65 ans qu’aux plus jeunes. Cette moindre protection confirme la nécessité « de protéger les plus âgés contre le risque de réinfection par la vaccination, des mesures de distanciation et le port du masque, et ce, même si ces personnes ont souffert d’une infection précédente ».

Des résultats « réalistes »

Selon Rosemary Boyton et Daniel Altmann de l’Imperial College London, qui signent un commentaire dans le même numéro de The Lancet, l’équipe danoise présente une estimation du phénomène de réinfection qui peut sembler « alarmante » quand on la compare à celle calculée lors d’une grande étude précédente effectuée au Qatar qui suggérait qu’une première infection procurait une protection de 95 % contre le risque de réinfection.

Mais les résultats de l’étude danoise sont probablement plus réalistes, font-ils valoir, car ils ont été obtenus par le biais d’un programme de dépistage national et gratuit pour tous, autant pour les personnes symptomatiques qu’asymptomatiques, alors qu’au Qatar il n’était destiné qu’aux personnes symptomatiques. « Les données danoises comprennent probablement une proportion beaucoup plus grande de cas asymptomatiques qui n’ont développé qu’une très faible immunité », écrivent les deux chercheurs britanniques qui concluent que des vaccins hautement efficaces demeurent la meilleure solution pour obtenir une immunité protectrice.

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