Vers des vaccins qui prennent en compte les variants du coronavirus

Le variant B.1.351, d’abord découvert en Afrique du Sud (on peut voir une plage déserte de Cape Town sur la photo), pousse les compagnies pharmaceutiques à adapter leurs vaccins.
Photo: Nardus Engelbrecht Associated Press Le variant B.1.351, d’abord découvert en Afrique du Sud (on peut voir une plage déserte de Cape Town sur la photo), pousse les compagnies pharmaceutiques à adapter leurs vaccins.

Pour l’instant, les vaccins contre la COVID-19 combattent efficacement le variant B.1.1.7 du coronavirus. Ce variant, qui s’est d’abord propagé au Royaume-Uni, est bien implanté dans plusieurs régions du monde. On estime qu’il pourrait devenir dominant à Montréal d’ici la fin du mois. Il est à signaler que l’efficacité des vaccins contre les variants préoccupants qui ont émergé en Afrique du Sud (B.1.351) et au Brésil (P.1) est moins grande, selon des expériences en laboratoire et des essais cliniques.

En conséquence, les principales compagnies pharmaceutiques préparent leur riposte. Pfizer et Moderna, qui proposent des vaccins à ARN messager, développent actuellement des doses de rappel adaptées au variant B.1.351. Ces doses pourraient remplacer la seconde dose ou être administrées dans un troisième temps. Novavax, dont le vaccin fait l’objet d’une évaluation de Santé Canada, prépare aussi une troisième dose adaptée à un variant préoccupant. AstraZeneca prépare pour sa part une nouvelle version de son vaccin qui saurait dompter le variant B.1.351.

Si jamais un variant résistant aux vaccins s’implantait en peu de temps au Canada, les vaccins spécialement adaptés à ce nouvel ennemi seraient-ils rapidement autorisés ?

La semaine dernière, Ottawa a annoncé qu’il simplifiait l’autorisation de versions modifiées des vaccins déjà homologués contre la COVID-19. Ces nouvelles orientations, qui ont également été adoptées par le Royaume-Uni, l’Australie, Singapour et la Suisse, sont très semblables à celles qui encadrent la mise à jour annuelle des vaccins contre la grippe. Elles prévoient que les compagnies pharmaceutiques prouvent que le vaccin modifié déclenche une réponse immunitaire chez un nombre suffisant de personnes, mais sans devoir passer par la longue étape des essais cliniques.

« Les chercheurs sont maintenant plus en mesure d’évaluer le niveau de protection en fonction de la quantité d’anticorps dans le sang après la vaccination, ce qui réduit le besoin de déterminer si les participants à un essai contractent la maladie. Il faut donc moins de temps pour qu’un vaccin modifié soit prêt à être utilisé », lit-on dans un communiqué de presse détaillant l’approche adoptée. Le ministère précise que les fabricants devront toutefois fournir des informations complémentaires expliquant que les vaccins modifiés demeurent sécuritaires.