Comment produire le vaccin contre la COVID-19 de Novavax?

Selon les essais cliniques de phase III menés au Royaume-Uni, le vaccin de Novavax est efficace à 89 %.
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne Selon les essais cliniques de phase III menés au Royaume-Uni, le vaccin de Novavax est efficace à 89 %.

Le Canada a signé un contrat lui assurant 76 millions de doses du vaccin contre la COVID-19 de Novavax. Le produit de cette petite compagnie pharmaceutique américaine suscite tant d’intérêt à Ottawa que le gouvernement de Justin Trudeau en a également organisé la fabrication à Montréal. Comment produire ce vaccin et comment fonctionne-t-il ?

Cultiver. Le code génétique des « petits pics » du coronavirus est d’abord intégré à des baculovirus. Ces derniers ne sont que des livreurs. Ils vont déposer le fragment dans des cellules de papillon de nuit. À l’intérieur de celles-ci, la machinerie cellulaire lit la recette génétique et produit les pics. Ces protéines migrent ensuite vers la surface de la cellule.

Préparer. Le travail de laboratoire doit se poursuivre pour incorporer ces protéines à un vaccin. On récolte les pics, qui sont collés à une molécule synthétique. Regroupant 14 protéines, cette espèce d’épouvantail nanométrique est environ de la taille d’un coronavirus. On mélange ces molécules à un adjuvant, qui, une fois dans le corps du patient, attirera ses cellules immunitaires auprès d’elles. Cet adjuvant est de la saponine, une molécule extraite d’un arbre de la famille des Rosacées (Quillaja saponaria).

Immuniser. Le vaccin est alors prêt. Dans le bras du patient, il titille plusieurs composantes du système immunitaire. Cela développe leur affinité avec le coronavirus. Lorsqu’ils rencontrent un pic, les lymphocytes T auxiliaires et les lymphocytes B s’unissent pour générer la production d’anticorps spécifiques. Finalement, ces anticorps pourront neutraliser les véritables coronavirus avant qu’ils n’aient le temps d’infiltrer les cellules du patient. Le vaccin peut aussi entraîner des sortes d’assassins cellulaires (des lymphocytes T cytotoxiques) dont la mission sera de tuer les cellules infectées.