Comment savoir quels malades auront une forme plus grave de la COVID-19?

Si les tests salivaires servent déjà au dépistage rapide, ils pourraient aussi aider le personnel hospitalier à détecter les patients dont l’état risque de se dégrader rapidement.
Photo: Elizabeth Flores Associated Press Si les tests salivaires servent déjà au dépistage rapide, ils pourraient aussi aider le personnel hospitalier à détecter les patients dont l’état risque de se dégrader rapidement.

L’âge, le diabète, l’asthme, les maladies cardio-vasculaires et l’obésité font partie des facteurs de risques prédisposant à des formes graves de la COVID-19. Pourtant, même parmi les patients présentant l’un de ces problèmes de santé, plusieurs échappent aux pires manifestations d’une infection par le coronavirus. À leur arrivée à l’hôpital, comment savoir quels malades sont les plus susceptibles d’emprunter une trajectoire dangereuse ?

De récents résultats démontrent que la charge virale de la salive pourrait être un indicateur plus efficace que celle des échantillons prélevés au fin fond du nez. Les fameux échantillons «nasopharyngés» sont efficaces pour dépister la COVID-19, mais n’indiquent pas nécessairement que l’infection prendra une mauvaise tournure. La salive, pour sa part, corrèle mieux avec la sévérité de la maladie, selon une nouvelle étude du réputé laboratoire d’immunologie de la professeure Akiko Iwasaki de l’Université Yale, aux États-Unis, qui n’a pas encore été révisée par les pairs. La charge virale salivaire est en outre associée à la présence (ou à l’absence) de plusieurs cytokines, anticorps et autres gadgets du coffre à outils immunitaire. 

Pourquoi la salive est-elle un meilleur indicateur ? La professeure Iwasaki et ses collègues avancent une explication. Alors que le virus détecté dans le nasopharynx serait plutôt tributaire de l’infection des voies respiratoires supérieures, le virus détecté dans la salive proviendrait aussi des voies inférieures. En effet, de minuscules cils poussent naturellement le mucus des poumons vers la gorge, où il se mélange à la salive. Or, une infection située plus près du nez est efficace pour propager le virus, mais une infection plus près des poumons est beaucoup plus nocive pour le malade.

Cette nouvelle étude, réalisée auprès de 154 patients hospitalisés, pourrait avoir de grandes implications pour les soins aux patients. Elle permet notamment d’imaginer une utilisation plus raisonnée, et peut-être plus efficace, de certains médicaments contre la COVID-19, comme les anticorps monoclonaux. « [Nos] résultats, écrivent les auteurs, peuvent informer l’application et le suivi d’interventions destinées à réduire la charge virale » dès le début de la maladie.

Ce texte est tiré de notre infolettre «Le courrier du coronavirus» du 18 janvier 2021. Pour vous abonner, cliquez ici.