Étude néo-zélandaise - Trop de télé jeune mène au surpoids plus vieux

Paris — Regarder trop la télévision dans l'enfance et à l'adolescence entraînerait aussi de mauvais effets sur la santé une fois devenu adulte (excès de poids, de cholestérol), en raison sans doute de mauvaises habitudes, selon une étude néo-zélandaise publiée dans la revue médicale The Lancet, datée de samedi.

L'étude est un argument de plus en faveur de l'interdiction des pubs alimentaires visant les enfants, souligne le pédiatre américain David Ludwig (Harvard Medical School, Boston) dans un commentaire à l'intérieur de la revue.

«L'exposition des enfants aux publicités alimentaires accroît significativement leur consommation de calories», affirme-t-il. «Des mesures pour limiter la télévision dans l'enfance et interdire les publicités alimentaires à destination des enfants sont justifiées, avant qu'une autre génération ne soit programmée pour devenir obèse, assène-t-il. Il existe un précédent de restriction de la publicité à destination des enfants: le tabac», rappelle-t-il.

On savait que laisser les enfants et les adolescents plantés des heures durant devant la télévision n'était pas bon pour leur santé (obésité, anomalies des graisses sanguines). La première étude nationale liant obésité infantile et télé remonte en effet à 1985. Mais les conséquences à long terme de ce comportement et des mauvaises habitudes qui s'ensuivent

— manque d'exercice et surtout consommation de sucreries, de sodas et d'en-cas bien gras — n'avaient guère jusque-là été explorées.

Un millier d'enfants

Pour en savoir plus, Robert Hancox, spécialiste de médecine préventive de l'université de Dunedin (province d'Otago, Nouvelle-Zélande), et ses collègues ont suivi un millier d'enfants de leur région de la naissance (entre 1972 et 1973) jusqu'à l'âge de 26 ans.

Résultats: les enfants et adolescents qui regardent la télé deux heures ou plus chaque jour ont un risque accru d'être trop gros, de fumer (que les parents fument ou non), d'avoir trop de cholestérol pour un jeune adulte, ainsi que des performances cardiorespiratoires médiocres, selon les auteurs.

Autant de facteurs de risque de mauvais augure chez ces jeunes adultes, laissant présager des risques à long terme, ajoutent-ils.

Parmi ces jeunes de 26 ans, 17 % des cas de surpoids, 15 % des cas d'excès de cholestérol et 17 % des cas de tabagisme peuvent être attribués à la contemplation de la télé plus de deux heures par jour pendant l'enfance et l'adolescence, selon l'étude.