Former la relève en recherche, une mission fondamentale

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Depuis 2013, l’IRSST s’est associé à l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) afin de créer les prix ACFAS-IRSST, attribués chaque année à deux étudiants à la maîtrise et au doctorat.
Photo: Valérian Mazataud Depuis 2013, l’IRSST s’est associé à l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) afin de créer les prix ACFAS-IRSST, attribués chaque année à deux étudiants à la maîtrise et au doctorat.

Ce texte fait partie du cahier spécial 40 ans de l’IRSST

Depuis sa création il y a 40 ans, l’IRSST, par l’entremise de ses nombreux programmes de bourses et de subventions, encourage et soutient la formation de futurs chercheurs en santé et sécurité du travail. Les talents recherchés proviennent de différentes disciplines puisque la santé et la sécurité du travail concernent des questions qui touchent autant l’exposition au bruit et à des contaminants que l’ergonomie, la santé mentale et les nouvelles technologies. Tour d’horizon.

« Il y a des problématiques qui sont là depuis longtemps, mais le monde et le contexte du travail changent, et de nouveaux défis se présentent continuellement », explique Carole Bellazzi, membre de l’équipe de la direction générale de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

« Nos programmes de bourses s’adressent aux étudiants de toutes les universités québécoises, affirme pour sa part Geneviève Pinard, responsable du programme de bourses d’études supérieures. Chaque année, des directeurs de recherche nous présentent les candidatures de leurs étudiants. C’est une façon d’attirer différents chercheurs. »

« Le programme de bourses de l’IRSST est notre vaisseau amiral en matière de soutien à la relève scientifique, mais notre flotte comporte aussi plusieurs autres navires qui complètent les autres volets de cette mission », illustre Mme Bellazi.

Le Programme de bourses d’études supérieures et de formation postdoctorale en santé et sécurité du travail distribue à lui seul chaque année 400 000 $ afin d’accroître le bassin de scientifiques capables de répondre aux besoins de recherche dans le secteur. Ces bourses de recherche s’adressent aux étudiants à la maîtrise et au doctorat. De plus, des bourses thématiques peuvent aussi être accordées selon les axes de recherche qui représentent une priorité pour l’IRSST. Le volet postdoctoral du programme offre la possibilité aux détenteurs de Ph. D. de poursuivre leur formation dans une université au Québec ou à l’étranger. Cette bourse permet aussi aux étudiants diplômés d’étudier sous la direction d’un de ses chercheurs. De plus, depuis 2013, l’IRSST s’est associé à l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) afin de créer les prix ACFAS-IRSST, attribués chaque année à deux étudiants à la maîtrise et au doctorat.

Au Québec, il existe trois fonds subventionnaires qui soutiennent et promeuvent la recherche. Ces fonds visent à accroître les synergies et les partenariats entre les différents secteurs de recherche. Depuis longtemps, l’IRSST cherchait une manière d’encourager les jeunes chercheurs en début de carrière. Il s’est donc associé aux trois fonds — Nature et technologies, Santé, Société et culture — afin d’attribuer autant de bourses à des chercheurs prometteurs. Pour une durée de quatre ans, les lauréats reçoivent de 30 000 $ à 88 000 $ par an, auxquels s’ajoute une subvention d’établissement annuel de 25 000 $ pour trois ans.

En outre, dans son engagement à favoriser la relève, en 2013, l’IRSST signe une entente avec les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour le financement commun d’une chaire de recherche en santé et sécurité du travail sur le genre, le travail et la santé — la première de ce type au Canada. « En matière de relève scientifique, cette initiative a permis non seulement de soutenir la carrière de la jeune chercheuse titulaire de la chaire, mais elle a aussi eu un effet de levier important », fait valoir Carole Bellazzi. En effet, près de 40 % des sommes octroyées devaient servir pour des activités de soutien de stagiaires, de mentorat et d’application des connaissances. Une école d’été a entre autres été créée en 2014, ce qui a permis à de jeunes doctorants et postdoctorants de profiter des enseignements d’experts de renommée internationale invités au Québec.

Des carrières prometteuses

Mais au-delà des programmes de bourses et des prix, c’est sur une base quasi quotidienne que l’IRSST encourage les chercheurs à se lancer dans une carrière en santé et sécurité du travail grâce à l’accueil de stagiaires, à l’intégration des étudiants aux activités scientifiques ou encore à la supervision de leurs travaux de maîtrise ou de doctorat. Chaque année, l’Institut accueille entre 25 et 30 stagiaires, étudiants et collaborateurs. « Notre taux de rétention est très bon. Pour nous, c’est un bon investissement puisque les probabilités que la personne fasse carrière dans le domaine de la santé et sécurité du travail est très élevé », ajoute Mme Bellazzi.

L’IRSST parle même de belles possibilités de carrière en ses propres murs. Ayant connu peu de mouvement de personnel depuis sa création, l’IRSST a dû trouver une solution au vieillissement de son personnel : « En prévision des départs à la retraite, l’Institut a mis en place un programme de relève à l’interne. On a ciblé certains personnels scientifiques prometteurs dans des secteurs clés et on les a encouragés à faire des études doctorales pour devenir chercheurs et entamer une carrière au sein même de l’institut », explique Carole Bellazzi. En effet, depuis 2010, l’IRSST mise sur le développement de ses propres ressources internes. Ces personnes sont dégagées de leurs tâches de professionnel scientifique afin de poursuivre des études de 2e et de 3e cycles ou d’entreprendre une formation postdoctorale.

« La communauté de recherche en santé et sécurité du travail au Québec doit beaucoup à l’IRSST. Nombreux sont les ex-boursiers qui sont aujourd’hui chercheurs dans le milieu et qui, à leur tour, proposent les candidatures de leurs étudiants aux programmes de bourses de l’IRSST », conclut Carole Bellazzi.