Sur les traces du coronavirus… jusque dans les égouts

Quand une population est touchée par la COVID-19, on en voit les traces… dans les égouts. Les scientifiques savent depuis le printemps que des fragments génétiques du coronavirus issus des selles des malades se retrouvent dans les systèmes d’eaux usées. Une mesure dans ces eaux de la concentration d’acide ribonucléique (ARN) du fameux virus permet ainsi d’estimer la présence de la maladie dans la population générale — en incluant les personnes qui ne souffrent d’aucun symptôme apparent et qui ne subissent pas de test.

À Ottawa, l’Institut de recherche du CHEO (Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario) et l’Université d’Ottawa s’efforcent d’assurer un suivi serré de la présence du coronavirus dans les eaux usées. Notre graphique reproduit les données que les scientifiques responsables du projet publient en ligne presque quotidiennement. Pour normaliser les mesures d’ARN viral, les chercheurs les divisent par la concentration d’une substance réputée pour être proportionnelle aux rejets de selles dans les eaux usées (le virus de la marbrure légère du piment).

Photo: Données: Institut de recherche du CHEO et Université d'Ottawa

Sur notre graphique, on voit également le nombre de nouveaux cas de COVID-19 décelés grâce aux méthodes conventionnelles dans la région d’Ottawa. On peut constater que les deux courbes suivent des tendances similaires. À la fin-juillet, le signal mesuré dans les égouts avait légèrement devancé celui du dépistage habituel, ce qui permettait de prévoir une hausse des cas. Depuis le mois de septembre, toutefois, les eaux usées sont plutôt à la traîne de la tendance épidémiologique observée conventionnellement. Dans une récente publication, les scientifiques derrière la campagne ottavienne soulignent que l’estimation issue des égouts est particulièrement intéressante pour tenir le SRAS-CoV-2 à l’œil lorsque le virus est relativement peu présent dans une communauté.