AstraZeneca reprend ses essais cliniques

À l’usine d’Anagni, en Italie, on fait des tests en vue de préparer le remplissage et l’emballage des fioles du vaccin développé par AstraZeneca et l’Université d’Oxford.
Photo: Vincenzo Pinto Agence France-Presse À l’usine d’Anagni, en Italie, on fait des tests en vue de préparer le remplissage et l’emballage des fioles du vaccin développé par AstraZeneca et l’Université d’Oxford.
La compagnie pharmaceutique AstraZeneca a annoncé samedi la reprise des essais cliniques de son vaccin contre la COVID-19 au Royaume-Uni. Six jours plus tôt, le monde apprenait que ceux-ci étaient suspendus en raison de l’apparition d’un problème de santé grave chez un des participants. À ces deux occasions, l’entreprise dont le vaccin est considéré comme l’un des plus prometteurs en développement, n’a donné que très peu d’information sur l’incident.

Dans un communiqué de presse publié samedi, la compagnie a expliqué qu’un comité indépendant avait conclu que l’essai était sécuritaire et qu’il pouvait reprendre. «AstraZeneca et l’Université d’Oxford, en tant que promoteur de l’essai, ne peuvent pas divulguer d’autres informations médicales. Tous les chercheurs et participants à l’essai seront informés des informations pertinentes et celles-ci seront divulguées dans les registres cliniques mondiaux, conformément aux normes relatives aux essais cliniques et à la réglementation», peut-on lire dans la missive.

La communauté scientifique a accueilli avec soulagement et enthousiasme l’annonce de la reprise des tests au pays de Boris Johnson. Certaines voix ont toutefois souligné que, compte tenu de l’importance des essais en cours, un peu plus de transparence serait bienvenue. Eric Topol, le directeur du Scripps Translational Science Institute à La Jolla, en Californie, demande de toute urgence aux compagnies pharmaceutiques de détailler les règles qu’elles utilisent pour arrêter un essai. Il aimerait aussi qu’elles expliquent à l’avance leur plan d’analyse des résultats et les critères statistiques qu’elles retiennent pour définir l’efficacité du vaccin. «Les compagnies qui travaillent sur un vaccin contre le SRAS-CoV-2 n’ont pas été transparentes; les enjeux sont grands», a-t-il écrit sur Twitter.

Le chroniqueur spécialisé dans l’industrie pharmaceutique Ed Silverman rappelle quant à lui sur le site Web américain Stat que le p.-d.g. d’AstraZeneca a parlé avec des investisseurs de la suspension des essais alors qu’aucun détail n’avait été communiqué au grand public. Pascal Soriot a dit à des clients de la JP Morgan que le participant ayant motivé la suspension des essais est une femme britannique souffrant d’un syndrome neurologique rare, la myélite transverse, qui consiste en une inflammation de la moelle spinale. «J’ai des préoccupations quant à votre engagement en matière de transparence», a écrit M. Silverman, en s’adressant dans sa chronique au grand patron d’AstraZeneca.

Selon le tableau régulièrement mis à jour par le New York Times, 38 vaccins contre le coronavirus sont actuellement à l’essai sur des humains. Neuf d’entre eux sont actuellement en phase III, où on mène des études cliniques à grande échelle auprès d’un échantillon représentatif de la population à laquelle le vaccin est destiné.