SpaceX ramène deux astronautes sur Terre pour la première fois

Après deux mois dans la Station spatiale internationale, et plusieurs sorties dans l'espace, Bob Behnken et Doug Hurley sont revenus sur Terre à 14h48 dimanche. 
Photo: Bill Ingalls NASA via Associated Press Après deux mois dans la Station spatiale internationale, et plusieurs sorties dans l'espace, Bob Behnken et Doug Hurley sont revenus sur Terre à 14h48 dimanche. 

Deux astronautes de la NASA sont revenus sur Terre dimanche à bord d’une capsule de la société SpaceX après deux mois dans l’espace, une mission de démonstration réussie qui ouvre la voie à des vols réguliers avec ce nouveau véhicule spatial.

« Bienvenue sur Terre, et merci d’avoir volé sur SpaceX », a annoncé aux astronautes le chef des opérations de SpaceX, Mike Heiman. « C’était un honneur et un privilège », a répondu le commandant Doug Hurley.

« Nous avons écrit aujourd’hui une page d’histoire », s’est félicité le patron de la NASA, Jim Bridenstine. Il a dit vouloir répéter ce type de partenariat public-privé pour aller sur la Lune, avec le programme Artemis, et un jour pour aller sur Mars.

À bord du Crew Dragon de SpaceX, Doug Hurley et son coéquipier, Bob Behnken, sont passés d’une vitesse de 28 000 km/h en orbite à 24 km/h à l’amerrissage au large de la Floride, quatre grands parachutes s’étant ouverts comme prévu en fin de descente.

Leur capsule roussie par la rentrée dans l’atmosphère a amerri au large de Pensacola dans le golfe du Mexique, zone choisie pour éviter la tempête Isaias plus à l’est.

De nombreux bateaux de plaisance, dont un battant un pavillon « Trump », se sont rapprochés malgré les gardes-côtes et ont dû être écartés avant que la capsule ne puisse être hissée sur un navire de SpaceX. « Nous devrons faire mieux la prochaine fois », a admis Jim Bridenstine face à cette violation du périmètre.

Autre imprévu, des vapeurs toxiques émanant d’un réservoir de carburant de la capsule ont dû être vidangées, ce qui a retardé l’ouverture de l’écoutille. Mais une heure et quart après leur amerrissage, Hurley et Behnken, meilleurs amis dans la vie, ont finalement pu sortir, sur des civières, vraisemblablement en raison de la réadaptation à la gravité terrestre. Ils devaient regagner Houston par les airs dans la journée.

Ce n’est qu’après leur sortie confirmée que le patron de la société, Elon Musk, s’est levé de sa console, dans la salle de contrôle de SpaceX près de Los Angeles, applaudissant un succès historique pour la société qu’il a fondée en 2002.

« Il n’y a aucun doute que ce fut un énorme soulagement », a dit Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, tandis qu’Elon Musk était en route pour Houston pour rencontrer les astronautes.

Cet aller-retour réussi vers la Station spatiale internationale (SSI) est non seulement le premier assuré par une société privée, mais il met fin au monopole russe pour l’accès à la station depuis que les Américains ont mis au garage leurs navettes spatiales en juillet 2011.

La prochaine mission, prévue fin septembre, devrait transporter trois Américains, Michael Hopkins, Victor Glover et Shannon Walker, et un Japonais, Soichi Noguchi, qui resteront six mois dans l’espace.

La NASA cliente

La NASA parle d’une révolution, car SpaceX, pour trois milliards de dollars accordés dans le cadre d’un contrat à prix fixe, a entièrement développé un nouveau taxi spatial et promis six allers-retours vers la SSI.

« Nous entrons dans une nouvelle ère des vols habités, où la NASA n’est plus acheteuse, propriétaire et opératrice des équipements, mais une cliente parmi de nombreux clients dans un secteur spatial commercial très actif », a dit Jim Bridenstine.

Donald Trump avait assisté en personne au décollage le 30 mai depuis la Floride, et il a salué le retour des deux hommes dimanche sur Twitter.

Son rival pour l’élection présidentielle de novembre, Joe Biden, a rappelé que ce programme de privatisation avait été lancé par son prédécesseur, se disant « fier du rôle que le président Obama et moi avons joué ».

Les capsules Crew Dragon sont censées être réutilisables cinq à dix fois : l’exemplaire revenu dimanche semble en « très bon état », selon Gwynne Shotwell, et sera réparé et inspecté dans un processus d’environ quatre mois, afin de revoler pour la mission du printemps 2021, avec le Français Thomas Pesquet.

Elon Musk dit souvent qu’il rêve de coloniser Mars. Aucun programme concret n’existe, mais Gwynne Shotwell a répété le credo dimanche : la mission de la capsule Crew Dragon doit être vue « comme un tremplin pour faire des choses encore plus dures, comme le programme Artemis et, bien sûr, aller sur Mars ».

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