Nouveaux essais cliniques d'un vaccin prometteur contre la COVID-19

L’infirmière Melissa Harting était lundi matin l’une des premières personnes à se voir injecter le vaccin expérimental de l’entreprise Moderna ou... un placebo.
Photo: Hans Pennink Associated Press L’infirmière Melissa Harting était lundi matin l’une des premières personnes à se voir injecter le vaccin expérimental de l’entreprise Moderna ou... un placebo.
La compagnie américaine de biotechnologie Moderna a commencé lundi les essais cliniques de phase III de son vaccin expérimental. Il s’agit des derniers tests chez des cobayes humains avant un potentiel feu vert des gouvernements. De l’avis de nombre d’observateurs, ce vaccin, qui bénéficie du soutien d’agences fédérales de santé, est l’un des plus prometteurs pour endiguer l’épidémie de COVID-19.

Alors que les deux premières phases d’essais cliniques ont pour but de vérifier l’innocuité du vaccin et de déterminer la dose idéale, la troisième sert à tester la capacité du vaccin à protéger de la maladie dans un contexte réel d’exposition. L’étude commencée lundi doit comprendre environ 30 000 participants, répartis dans une centaine de sites aux États-Unis. Ceux-ci peuvent recevoir le vaccin ou un placebo. Le critère principal utilisé pour juger de l’efficacité du vaccin est la prévention de la forme symptomatique de la maladie, mais la prévention des formes sévères et asymptomatiques sera également considérée.

À Binghamton, dans l’État de New York, l’infirmière Melissa Harting a reçu l’une des premières injections, lundi. «Je suis vraiment ravie», a-t-elle déclaré, citée par le Washington Post. «Apporter ma contribution pour éradiquer le virus est très important pour moi.»

La semaine dernière, des développeurs chinois et britanniques ont annoncé être arrivés à stimuler une réponse immunitaire prometteuse chez des cobayes humains. Ces derniers misent sur une recette traditionnelle de vaccin.

Moderna, pour sa part, expérimente une nouvelle technologie — un vaccin à ARN —, jamais encore approuvée pour une utilisation chez l’humain. En injectant une séquence génétique de l’antigène dans le corps de la personne, on espère que ses cellules produiront des protéines fouettant la réponse de son système immunitaire. Du fait de la simplicité de cette méthode, il serait possible de faire un grand nombre de vaccins rapidement. Moderna se dit d’ailleurs «en voie» d’être capable de fournir au moins 500 millions de doses par année dès 2021.

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