Les personnes symptomatiques contagieuses plus longtemps

Les nouvelles études sur les méthodes de transmission du nouveau coronavirus permettent de mieux comprendre la maladie.
Photo: Go Nakamura Getty Images Agence France-Presse Les nouvelles études sur les méthodes de transmission du nouveau coronavirus permettent de mieux comprendre la maladie.

Avec le recul de plusieurs mois de pandémie, les scientifiques estiment avec un peu plus de précision la période durant laquelle une personne infectée par le coronavirus responsable de la COVID-19 est susceptible d’être contagieuse.

On considère désormais qu’à partir du jour où une personne a été exposée au SRAS-CoV-2 et en a été infectée, elle sera contagieuse pendant au moins les 14 jours qui suivent cet événement. Si cette personne demeure asymptomatique pendant ces 14 jours, on considère qu’au-delà de ces deux semaines, le risque qu’elle transmette l’infection est extrêmement faible.

Par contre, si la personne développe des symptômes (fièvre, toux, diarrhée) à un moment ou l’autre au cours de ces deux premières semaines suivant l’exposition, comme au 13e jour, elle sera contagieuse pendant toute la durée de ses symptômes et même deux ou trois jours après leur disparition, précise le Dr Donald Vinh, infectiologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Et durant cette période où la personne est contagieuse, comment s’effectue la transmission ?

La semaine dernière, 239 scientifiques de 32 pays ont envoyé une lettre à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour qu’elle reconnaisse le fait que le coronavirus responsable de la COVID-19 peut se transmettre également par voie aérienne, et non pas uniquement par les gouttelettes.

Selon le Dr Vinh, la COVID-19 se transmet principalement par les gouttelettes, ces petites boules d’eau qui sortent de la bouche d’une personne infectée quand elle tousse, éternue, parle, crie ou chante.

« Mais il y a bien sûr une grande diversité de taille parmi les gouttelettes qui sont émises : il y a de grosses gouttelettes qui tomberont au sol à l’intérieur des deux mètres entourant la personne et il y a aussi des gouttelettes ultrafines qui peuvent voyager par voie aérienne. Si la personne se trouve dans un espace clos où il y a peu de circulation d’air, ces gouttelettes ultrafines peuvent persister dans l’environnement. C’est ce qui se passe avec n’importe quel virus respiratoire, dont ceux du rhume et de la grippe. Pour cette raison, il faut éviter ce type d’environnement fermé, mal ventilé », souligne le Dr Vinh.

Ce dernier précise que ce n’est toutefois pas le « mode de transmission normal » de la COVID-19, contrairement à la tuberculose, à la rougeole et à la varicelle qui se transmettent par voie aérienne et qui par conséquent sont des maladies extrêmement contagieuses.

Quant à la période d’incubation, pour 95 % des gens elle varie de 2 à 14 jours suivant l’exposition au virus, avec une moyenne se situant entre 3 et 6 jours, soit en général à 5 jours, précise la Dre Cécile Tremblay, infectiologue au CHUM. Toutefois, pour 5 % des personnes infectées cette période excédera 14 jours.

Par ailleurs, le Dr Vinh salue la mesure adoptée par le gouvernement qui rend le port du masque obligatoire dans les transports en commun et dans les lieux fermés. « Si on peut appliquer cette mesure, elle permettra de soutenir la réduction du nombre de cas », dit-il.

« Mais les instances gouvernementales [municipales ou provinciales] doivent aider les entreprises à appliquer cette mesure, soit en leur accordant un soutien financier, soit en fournissant les masques. Si les gouvernements instaurent une mesure de santé publique, il est de leur responsabilité de fournir les masques, car certains citoyens n’auront pas les moyens de s’en acheter. De plus, les entreprises ont déjà été lourdement frappées par la pandémie ; si elles doivent dépenser pour fournir des masques, il leur sera difficile d’absorber la mise en œuvre de cette politique », croit-il.

Lente hausse des nouveaux cas

Le nombre de nouveaux cas de COVID-19 continue de progresser au Québec avec 166 nouveaux cas qui se sont ajoutés dans la province au cours des 24 dernières heures, selon les données publiées dimanche matin par le ministère de la Santé.

Pour une deuxième journée d’affilée, il s’agit de la hausse la plus importante depuis la mi-juin.

On a atteint les 57 466 cas depuis le début de la pandémie. Un seul nouveau décès a été déploré, portant le bilan à 5655 morts.

Depuis samedi, imitant d’autres provinces canadiennes, les autorités appliquent une nouvelle méthode pour estimer le nombre de personnes rétablies. Selon elles, l’ancienne «entraînait une sous-estimation importante». Selon ces nouvelles estimations, le nombre de personnes guéries s’élèverait maintenant à 50 050.

Étant donné cette modification, les autorités croient qu’il n’y aurait que 1695 cas actifs au Québec, selon les données disponibles sur le site Internet de l’Institut national de santé publique du Québec.

La Presse canadienne


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