Quels sont les effets du confinement chez les jeunes?

Contrairement aux enfants de moins de 10 ans, les adolescents passent normalement beaucoup plus de temps avec d’autres jeunes de leur âge qu’avec leur famille.
Photo: iStock Contrairement aux enfants de moins de 10 ans, les adolescents passent normalement beaucoup plus de temps avec d’autres jeunes de leur âge qu’avec leur famille.
La réouverture des écoles du Québec était souhaitée par plusieurs qui craignaient les effets du confinement sur les adolescents. Mais quels en sont les effets réels? Une recension des études sur la question publiée par The Lancet vendredi dernier indique que le confinement aurait un impact bien réel et même disproportionné sur les jeunes de 10 à 24 ans.

Contrairement aux enfants de moins de 10 ans, les adolescents passent normalement beaucoup plus de temps avec d’autres jeunes de leur âge qu’avec leur famille. Cette réorientation vers les pairs est essentielle dans leur développement psychologique vers l’âge adulte; ils y construisent leur identité propre et y développent leur entregent et l’empathie, par exemple.

Le confinement, imposé à un très grand nombre de jeunes dans le monde par les mesures sanitaires pandémiques, pourrait mettre en péril ce développement et avoir des effets à long terme sur ceux-ci. Le cerveau des jeunes de 10 à 24 ans est en développement, y compris dans ses régions régulant les relations avec les autres.

Des études menées sur des animaux (surtout des souris, qui sont des animaux grégaires, comme les humains) ont démontré que de les isoler à l’âge de l’adolescence, même pour une brève période, avait de nombreux effets néfastes à long terme, comme l’anxiété, l’hyperactivité et une tendance à la dépendance. Les quelques études similaires faites sur des adolescents montrent des effets similaires, observant des signes de détresse psychologique, comme la dépendance et l’automutilation. Ces études se sont cependant concentrées sur des groupes précis, par exemple de jeunes prisonniers mis en isolement.

Les études sur des animaux et des groupes humains très spécifiques sont donc difficilement applicables à la population en général, mais les auteurs de la recension appellent les gouvernements à la prudence quant au confinement des adolescents, qui pourrait avoir des effets similaires sur eux.

Même si les jeunes ont au moins eu accès au Web pour conserver des liens sociaux avec l’extérieur, l’utilisation des réseaux sociaux n’est pas une panacée, surtout lorsqu’ils sont utilisés de manière passive plutôt que pour communiquer directement avec des amis. Et il ne faut pas oublier que l’accès à la technologie est réparti inégalement à travers la population, en fonction de la richesse, notent les auteurs.

Plus d’études sont nécessaires sur le sujet afin de mieux comprendre les effets psychologiques inquiétants du confinement sur les adolescents. Le contexte des derniers mois pourra certainement aider à cette tâche.
 

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