Pourquoi les symptômes de la COVID-19 varient-ils d'une personne à l'autre?

L’infirmière Marjorie Cosep accompagnait une patiente, Edythe Wilson, pendant sa marche quotidienne, fin mai, à l’intérieur de l’hôpital mobile de LaSalle. 
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir L’infirmière Marjorie Cosep accompagnait une patiente, Edythe Wilson, pendant sa marche quotidienne, fin mai, à l’intérieur de l’hôpital mobile de LaSalle. 
Pourquoi certaines personnes vivent-elles des symptômes épouvantables lors d’un épisode de COVID-19, tandis que de 30 % à 40% des malades ne ressentent absolument rien? Même chez les personnes âgées, particulièrement vulnérables, le virus provoque des effets d’une intensité variable. L’un d’entre vous nous écrivait d’ailleurs récemment à ce sujet: «Je vous confirme que ma propre tante, 91 ans, a traversé son infection à la COVID-19 au complet sans même s’en apercevoir.»

«Quelles différences individuelles pourraient expliquer que deux personnes du même âge, du même sexe et du même état de santé, par exemple, ont des réponses idiosyncrasiques à une infection au SRAS-CoV-2? Pourquoi l’une ne présente-t-elle aucun symptôme, tandis que l'autre se trouve près de la mort en soins intensifs? Pour l’instant, nous ne le savons tout simplement pas», écrivent les auteurs d’une revue de la documentation exhaustive sur la question des porteurs asymptomatiques, publiée dans Annals of Internal Medecine la semaine dernière. Les scientifiques explorent cependant quelques pistes d’explication.

Comme on l’écrivait dans cette infolettre la semaine dernière, certaines personnes exposées dans le passé à un coronavirus conventionnel, qui provoque un simple rhume, pourraient disposer d’une protection partielle contre le SRAS-CoV-2. Cet avantage pourrait être procuré par des cellules lymphocytes T capables de reconnaître une variété de coronavirus et de produire une réaction immunitaire protectrice. Selon Eric Topol, l’un des auteurs de l'étude citée plus haut et le directeur du Scripps Translational Science Institute à La Jolla, en Californie, il est aussi possible que des anticorps aient une action à large spectre contre les coronavirus et améliorent la résistance à la maladie.

Une autre explication potentielle réside dans la génétique. Des chercheurs européens ont récemment analysé le génome de personnes atteintes de la COVID-19. Ils ont découvert que certaines variations dans le chromosome 3 sont plus fréquentes chez les personnes qui développent de graves complications. Le segment génétique en question contient six gènes, et ces spécialistes ne savent pas encore si l’un d’eux est particulièrement en cause. L’un de ces gènes encode une protéine qui interagit avec un récepteur cellulaire d’une importance capitale pour le coronavirus, tandis qu’un autre est impliqué dans le système immunitaire.

L’équipe regroupant des dizaines de scientifiques a aussi confirmé qu’il existe une corrélation entre le groupe sanguin et l’intensité de la maladie. Dans l’échantillon de 1610 patients italiens et espagnols considéré, les malades appartenant au groupe sanguin A avaient 50% plus de chances d’avoir besoin d’un apport accru en oxygène ou d’être mis sous respirateur artificiel. Le gène déterminant le groupe sanguin est situé à proximité d’un gène impliqué dans le système immunitaire, pouvant avoir une influence sur la COVID-19.

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