Lumière sur l'hydroxychloroquine

Photo: George Frey Archives Agence France-Presse
Une nouvelle étude publiée aujourd’hui dans le New England Journal of Medecine indique que prendre de l’hydroxychloroquine n’empêcherait pas de développer la COVID-19 après avoir été exposé au coronavirus.

Cette étude, menée conjointement par l’Université du Manitoba et l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), est la première randomisée en double aveugle, contre placebo, portant sur le sujet.

Pour évaluer l’efficacité du médicament, les participants ont reçu par courrier médical, dans les quatre jours après avoir été exposés au coronavirus, soit un placebo, soit de l’hydroxychloroquine, qu’ils ont dû prendre pendant cinq jours. Ni les chercheurs ni les participants n’étaient informés du traitement qu’ils prenaient, et un comité indépendant externe a examiné les données.

Des 821 participants, 107 ont développé la COVID-19 dans les 14 jours qui ont suivi. Aucun des participants n’est décédé. Parmi les personnes qui ont développé la maladie, 58 prenaient le placebo et 49 prenaient l’hydroxychloroquine. Les effets secondaires de l’hydroxychloroquine (nausée, gêne abdominale) étaient plus fréquents (40%) chez ceux qui prenaient ce médicament que chez ceux qui prenaient le placebo (17%). Les participants n’ont pas fait état d’effets secondaires graves liés au médicament.

Si les chercheurs avaient espoir que le médicament aide à prévenir la COVID-19, leur «étude démontre que l’hydroxychloroquine n’est pas meilleure que le placebo» lorsqu’utilisée à titre préventif après qu’une personne a été exposée au SRAS-CoV-2, a affirmé dans un communiqué le Dr Todd Lee, l’un des principaux auteurs de l’étude.

Le président américain, Donald Trump, avait fait la promotion de ce médicament, disant le prendre à titre préventif et n’avoir «rien à perdre». Il s’est ensuite rétracté, disant qu’il ne le prenait plus. Ce qui ne l’a pas empêché d’en faire expédier deux millions de doses au Brésil, où la pandémie sévit durement.

Au sujet de l’hydroxychloroquine, la revue médicale The Lancet a exprimé des réserves aujourd’hui quant à l’étude qu’elle a publiée il y a quelques semaines mettant en doute l’efficacité du médicament et avertissant de sa possible dangerosité. Un audit indépendant des données de l’étude est en cours. L'Organisation mondiale de la santé a dit reprendre les essais cliniques du traitement après neuf jours de suspension.

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