Est-ce que les moustiques peuvent transmettre le coronavirus?

Le gouvernement du Québec a prévu d’autoriser la réouverture des campings, tandis que les parcs nationaux ont déjà commencé à accueillir les visiteurs. Les Québécois seront d’ailleurs probablement nombreux au cours des prochaines semaines à voyager dans la province pour leurs vacances estivales, notamment pour profiter de la nature.

Dans ce contexte, est-ce que les randonneurs et les campeurs courent le risque d’être infectés par le virus mortel de la COVID-19 s’ils se font piquer par un moustique ou tout autre insecte piqueur? «À l’heure actuelle, la réponse est non. Il n’existe aucune preuve que les insectes piqueurs, comme les moustiques ou les tiques, peuvent transmettre le coronavirus. Ils peuvent transmettre certains virus, mais pas de cette famille. Ils transmettent davantage des virus comme celui du Nil», explique Laurent Chatel-Chaix, expert en virologie moléculaire au Centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie.

«À ma connaissance, il n’existe aucun exemple de maladie de type “coronavirus” qui a été transmise par les insectes», ajoute-t-il. Les «réservoirs» animaux sont habituellement des mammifères. «Les autres coronavirus qui ont causé des maladies mortelles provenaient de mammifères, comme la chauve-souris, et ils sont passés par un hôte intermédiaire, qui est aussi un mammifère.» Il cite comme exemple le cas du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, qui aurait transité par le chameau, ou encore le SRAS, qui aurait migré vers l’humain en passant par la civette.

Dans le cas de la COVID-19, on ne sait toujours pas avec certitude quel animal aurait transmis le virus à l’être humain. Au départ, les regards se sont tournés vers le pangolin, un mammifère méconnu ici, mais une espèce braconnée de façon industrielle en Afrique et en Asie, essentiellement pour alimenter le marché chinois. Or, les rencontres de la chauve-souris et du pangolin seraient peu fréquentes dans la nature. Il aurait donc fallu que ces animaux soient capturés, puis transportés ensemble vers les mêmes marchés, ce qui est plausible.

Par ailleurs, même si les insectes piqueurs ne constituent pas un vecteur de transmission du coronavirus, M. Chatel-Chaix rappelle qu’il demeure important de se prémunir autant que possible contre les piqûres de moustiques. «Ce n’est pas parce qu’ils ne transmettent pas le coronavirus qu’il ne faut pas s’en protéger. Ils peuvent transmettre d’autres pathogènes.»

L’Institut national de santé publique du Québec explique en outre que les gens qui décideront de partir en camping cet été doivent, selon les règles en vigueur actuellement, «éviter autant que possible de se déplacer d’une région à l’autre pour une raison non essentielle», mais aussi «respecter les consignes en matière de rassemblements» et de distanciation sociale.

Les propriétaires de campings devraient quant à eux mettre des stations de lavage des mains ou une solution hydroalcoolique à la disposition des campeurs. Ils doivent aussi «augmenter la fréquence de nettoyage des installations sanitaires».

Vous avez été nombreux à nous soumettre des questions pour cette infolettre à l’adresse coronavirus@ledevoir.com. Merci beaucoup, et surtout, continuez à le faire.

N. B.: Au cours des prochaines semaines, il est possible que nous réduisions la fréquence à laquelle nous répondrons à vos questions, afin d'aborder d’autres aspects de la crise dans le cadre du Courrier du coronavirus.

À voir en vidéo