Est-ce que les gens qui font du jogging ou du vélo peuvent être infectés ou transmettre le virus?

Avec le retour des beaux jours, après des semaines de confinement forcé, les amateurs de jogging et de cyclisme sont plus nombreux que jamais à sortir de chez eux pour aller parcourir quelques kilomètres. Dans les milieux urbains, une telle affluence signifie que les coureurs et les adeptes de vélo peuvent croiser fréquemment d’autres personnes en pratiquant leur activité. Est-ce qu’ils risquent ainsi d’être exposés au coronavirus ou encore de le transmettre?

Le risque est «faible», souligne d’entrée de jeu l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) dans une réponse écrite au Devoir. «Les gens qui pratiquent le jogging ou le vélo peuvent être exposés au virus. Toutefois, ce risque est considéré comme faible si les recommandations de santé publique sont appliquées», précise le centre d’expertise. Ces recommandations sont désormais bien connues: distanciation physique, bonne hygiène des mains et respect de l’étiquette respiratoire.

L’INSPQ souligne ainsi que, «dans l’environnement extérieur, l’important pouvoir de dilution de l’air ambiant et la présence de vent favorisent la dispersion des gouttelettes ou des aérosols projetés par une personne infectée, diminuant ainsi le risque d’infection».

Les amateurs de course à pied et de vélo peuvent également «transmettre» le virus à d’autres personnes, ajoute l’INSPQ. «La proximité avec d’autres personnes, une haute intensité d’efforts physiques et une durée d’exposition prolongée sont des paramètres pouvant augmenter le risque d’infection par un joggeur ou un cycliste», explique-t-on, en s’appuyant sur des informations du Haut Conseil de la santé publique de France.

«L’activité physique ainsi que l’intensité de celle-ci peuvent favoriser l’expulsion de gouttelettes et aérosols, ainsi que leur transport à des distances plus importantes qu’à la normale», explique l’INSPQ, en se basant sur trois études scientifiques. «Toutefois, la trajectoire et le devenir infectieux des gouttelettes émises par un joggeur ou un cycliste dans l’environnement extérieur demeure très incertains.»

Ainsi, le risque de transmission et d’infection demeure globalement «faible». L’Institut national de la santé publique du Québec estime toutefois que «la pratique de la course à pied et du vélo devrait se faire à des moments de la journée et dans des endroits (ou itinéraires) où l’achalandage est moindre. Il est aussi prudent de ne pas se positionner directement à l’arrière d’un coureur ou d’un cycliste et, autant que possible, moduler la distance de façon proportionnelle à la vitesse de déplacement pour éviter d’être dans la trajectoire de gouttelettes en suspension dans l’air».

D’autres organismes de santé publique, dont celui d’Ottawa, recommandent d’ailleurs de garder la plus grande distance possible avec un coureur ou un cycliste, «ou encore de pratiquer le vélo et la course à pied, autant que possible, dans des zones où la population est de faible densité ou dans des espaces [réservés à cet effet]».

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