Quelles seront les capacités de production d’un éventuel vaccin?

Les scénarios de sortie du confinement se basent sur la prémisse qu’un vaccin sera disponible dans un an ou deux. Évidemment, il faudra d’abord élaborer ce vaccin, ce qui est loin d’être facile. Puis, en produire des milliards de doses. Une telle mise à l’échelle – astronomique – sera-t-elle possible?

Déjà, de grandes compagnies pharmaceutiques préparent la multiplication de leurs capacités de production, même si elles n’en sont qu’aux premières phases du développement d’un vaccin contre la COVID-19. Un tel rehaussement est essentiel: si l’ensemble de leurs effectifs et installations sont redirigés vers la production d’un vaccin contre la COVID-19, les vaccins contre la grippe, la rougeole, les oreillons et la rubéole pourraient venir à manquer. De nouvelles usines doivent donc voir le jour.

Les infrastructures nécessaires pour la production à grande échelle dépendront du type de vaccin qui se révélera le plus efficace. Conventionnellement, les vaccins sont conçus à partir de formes inactivées du virus lui-même. Les scientifiques connaissent bien cette approche, mais son utilisation industrielle nécessite des installations répondant à des normes de sécurité biologique très élevées. Selon un chercheur interrogé dans un reportage de la revue scientifique Nature, ces centres de production ultrasécurisés n’abondent pas. Plusieurs compagnies pharmaceutiques privilégient donc d’autres pistes dans leur quête d’un vaccin.

Une autre approche consiste ainsi à élaborer un vaccin contenant une séquence d’ARN ou d’ADN du coronavirus. Son injection doit stimuler la production, par des cellules du corps du sujet vacciné, d’une protéine utilisée par le SRAS-CoV-2 lors d’une infection. Le système immunitaire pourrait ensuite développer une résistance au virus. Plusieurs firmes explorent cette avenue, mais aucun vaccin de ce type n’a encore été approuvé pour une utilisation chez l’humain. Parmi ces compagnies figure par exemple l’américaine Moderna, qui espère fabriquer des millions de doses par mois en 2020, et des dizaines de millions en 2021.

Janssen Pharmaceutica, une filiale du géant Johnson & Johnson, tente elle aussi de produire un vaccin contre le SRAS-CoV-2. Elle planche sur un vaccin plus traditionnel, pour lequel des bioréacteurs de 20 000 litres sont nécessaires afin de cultiver les cellules où le virus pourra se reproduire. Dès le premier trimestre de 2021, la compagnie espère fabriquer de 600 millions à 900 millions de doses. Même avec des capacités de production projetées aussi importantes, les États devront choisir dans quel ordre administrer un éventuel vaccin. Pour s’assurer que les choses soient réalisées équitablement, l’OMS a annoncé la semaine dernière une entente de coopération après une réunion avec des représentants d’entreprises, d’organisations internationales et de pays (parmi les absents: la Chine et les États-Unis).

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