3 questions à Paula Wood-Adams

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
La créativité est l’une des plus grandes forces des chercheurs, estime Paula Wood-Adams.
Photo: Université Concordia La créativité est l’une des plus grandes forces des chercheurs, estime Paula Wood-Adams.

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche sur la COVID-19

Paula Wood-Adams est chercheuse au Département de génie chimique et des matériaux et vice-rectrice à la recherche et aux études supérieures par intérim de l’Université Concordia.

Lorsqu’une crise telle que celle du coronavirus fait irruption, comment les chercheurs peuvent-ils mettre la main à la pâte ?

La créativité est l’une des plus grandes forces des chercheurs. Ils sont spécialisés dans la résolution de problèmes, ouverts, et font rapidement des liens entre les projets sur lesquels ils travaillent depuis des années et le nouveau contexte. Dans la situation actuelle, ils vont par exemple veiller à ce que le public ait accès à des informations scientifiques précises, mettre leur expertise ou un équipement spécialisé à la disposition des agences gouvernementales, ou recentrer leurs recherches de manière à se pencher sur la résolution des problèmes immédiats.

Avez-vous des exemples ?

Nous avons à Concordia une chercheuse experte des questions relatives à l’utilisation des technologies de l’information par la population vieillissante. Dès le début du confinement, elle a réalisé que celle-ci aurait beaucoup de mal à passer des commandes d’épicerie ou de médicaments en ligne. Elle a alors mis sur pied un groupe de bénévoles pour aider ces gens-là. Nous avons un autre chercheur qui travaille d’ordinaire sur les systèmes de ventilation. Il a mis son laboratoire à disposition pour tester l’efficacité de nouveaux masques.

À plus long terme, est-ce qu’une telle crise laisse des traces dans une université ?

C’est évident que plusieurs nouveaux programmes de recherche verront le jour à la suite de cette crise. Très vite, nos experts, ici à Concordia, mais aussi dans toutes les autres universités, vont se recentrer pour aborder de nouvelles problématiques et faire en sorte que nous soyons prêts si une nouvelle catastrophe de ce type survient.