Les tiques, sous la loupe à l'Université Bishop’s

Gabrielle Tremblay-Baillargeon Collaboration spéciale
La professeure Jade Savage, entourée de ses étudiants
Krystel V. Morin La professeure Jade Savage, entourée de ses étudiants

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche universitaire

Comme nombre d’entomologistes, Jade Savage a développé une passion pour les insectes lorsqu’elle était très jeune. Mais c’est vers la fin de l’adolescence que le véritable déclic s’est fait.

« Au cégep, j’ai fait un voyage de coopération internationale au Nicaragua, raconte Jade Savage. Sur place, j’ai réalisé que j’étais beaucoup plus intéressée par les insectes que par les volets humanitaires du projet ! » Son bac en biologie en poche, elle poursuit ses études jusqu’à l’obtention de son doctorat et d’un poste à l’Université Bishop’s, où elle enseigne aujourd’hui encore.

La professeure Savage est spécialiste des diptères. Plus particulièrement des mouches. « Ma spécialité, c’est la systématique : la taxonomie, la classification et l’identification de mouches, spécifiquement un groupe qui a une prédominance en milieu alpin et arctique », explique-t-elle. Ses travaux ont pu bénéficier au secteur agricole, qui se doit de reconnaître les petites bêtes qui pourraient nuire à leur rendement.

Augmentation de la population de tiques

Peut-on parler de conservation, donc ? « On est beaucoup plus au stade de la documentation que de la prise de décision. On regarde quelles espèces survivent et sont extirpées, et surtout comment tout ça est liéaux changements climatiques », expose-t-elle. Récemment, la professeure s’est détournée des diptères pour se pencher sur les arthropodes, plus précisément sur un ennemi commun à tous les Québécois : les tiques.

« Depuis mon arrivée en Estrie en 2004, j’ai vu l’augmentation de la population de tiques dans la région. J’ai passé ma vie à développer un œil pour reconnaître les espèces d’arthropodes. Pourquoi ne pas utiliser ce talent pour donner de l’information à des gens qui sont inquiets ? » fait-elle remarquer. Sa plateforme Web etick.ca fournit de l’information sur les tiques, permet de repérer celles qui sont recensées dans une région donnée sur une carte interactive et, dans une optique de participation citoyenne, encourage les gens à recenser eux-mêmes les tiques rencontrées en « soumettant une tique », photo à l’appui. « L’objectif est double : on veut les repérer, mais aussi informer directement la population des risques associés aux morsures de différentes espèces de tiques », énonce Jade Savage. Chaque année, la plateforme prend de l’expansion : pour le moment, elle couvre le Québec, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, mais compte couvrir le pays en entier d’ici 2021.