Traquer les virus et les vulnérabilités

Gabrielle Tremblay-Baillargeon Collaboration spéciale
«Avec l’aide de l’intelligence artificielle, on peut mettre au jour certains comportements anormaux qui pourraient donner lieu à des cyberattaques ou à des fuites de données massives», précise Paria Shirani.
Photo: iStock «Avec l’aide de l’intelligence artificielle, on peut mettre au jour certains comportements anormaux qui pourraient donner lieu à des cyberattaques ou à des fuites de données massives», précise Paria Shirani.

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche universitaire

Paria Shirani a quitté son Iran natal pour Montréal il y a six ans. Après un baccalauréat et une maîtrise obtenus à Téhéran, la jeune chercheuse est venue entamer un doctorat en génie des systèmes d’information, plus précisément en cybersécurité — un domaine où l’on croise rarement des femmes.

« J’ai toujours été intéressée par la résolution de problèmes, la pensée critique et tout ce qui est crypté, explique-t-elle. À mon sens, la cybersécurité et le génie informatique, c’est un peu tout ça. Il faut innover, voir les problèmes sous tous les angles et surtout, c’est un domaine hyperpratique et dynamique. »

Photo: Université Concordia Paria Shirani

Dans son travail de recherche doctoral, Mme Shirani s’intéresse à l’analyse du code binaire et aux logiciels d’empreintes digitales comme vecteurs d’attaques de virus ou de pirates informatiques. Et puisque les composantes des codes des outils que la plupart des entreprises d’aujourd’hui utilisent au quotidien forment un tout, une attaque pourrait être fatale.

« Notre travail, c’est de faire de l’analyse de vulnérabilité, c’est-à-dire de vérifier si des pirates potentiels pourraient exploiter des vulnérabilités du code, et donc le système complet, puisque presque tous les appareils et les dispositifs sont interreliés », poursuit la candidate au doctorat.

Une menace pour la sécurité du public

Pour des compagnies de haut calibre avec lesquelles Paria Sharini et son groupe travaillent en collaboration étroite, comme Hydro-Québec et Google, une faille pourrait signifier une menace pour la sécurité du public. Une panne de courant généralisée en plein hiver, par exemple, représenterait un grand danger pour la population. Parallèlement à son projet doctoral, la chercheuse œuvre au sein du nouveau Open-Source Cyber Fusion Centre, un projet de recherche panuniversitaire qui utilise les données de plusieurs entreprises pour, par exemple, développer des « cyberpersona », des groupes d’employés fictifs qui ont des comportements informatiques précis et, par le fait même, des risques différents en matière de cybersécurité.

« Certains envoient des courriels confidentiels, d’autres téléchargent beaucoup de données… Avec l’aide de l’intelligence artificielle, on peut mettre au jour certains comportements anormaux qui pourraient donner lieu à des cyberattaques ou à des fuites de données massives », poursuit la jeune chercheuse, qui compte poursuivre ses études postdoctorales à la prestigieuse Université Carnegie-Mellon de Pittsburgh l’an prochain. D’ici là, elle souhaite rester à jour sur les tendances de son milieu, qui évolue à un rythme essoufflant.