Un marché public serait le foyer de l'épidémie, selon les autorités chinoises

«Les civettes sont vendues vivantes dans les marchés chinois comme aliments, explique le microbiologiste Raymond Tellier. Des civettes infectées auraient constitué un réservoir de virus [lesquels auraient subi à nouveau une mutation leur donnant l’aptitude d’infecter] l’humain.»
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse «Les civettes sont vendues vivantes dans les marchés chinois comme aliments, explique le microbiologiste Raymond Tellier. Des civettes infectées auraient constitué un réservoir de virus [lesquels auraient subi à nouveau une mutation leur donnant l’aptitude d’infecter] l’humain.»

Selon les autorités chinoises, les toutes premières personnes à souffrir d’une pneumonie causée par le coronavirus 2019-nCoV avaient fréquenté un marché de Wuhan où l’on vendait des animaux sauvages.

Ces personnes auraient été contaminées en manipulant ou en consommant une de ces bêtes, elles-mêmes infectées par ce virus. Comme les virus du SRAS, Ebola et le VIH notamment qui se sont attaqués à l’humain au cours des dernières années et décennies, le coronavirus 2019-nCoV a émergé d’un animal, vraisemblablement d’une chauve-souris, avancent les chercheurs.

« On ne sait pas encore avec certitude quelle est l’origine du nouveau coronavirus 2019-nCoV, mais il se pourrait fort bien qu’elle soit semblable à celle du SRAS », affirme Raymond Tellier, microbiologiste au CUSM.

L’ancêtre du coronavirus responsable du SRAS circulait parmi les chauves-souris. Puis, lors de la réplication de ce virus ancestral, une mutation est apparue qui lui a permis d’infecter la civette, un petit mammifère semblable à la martre, explique M. Tellier.

Or, « les civettes sont vendues vivantes dans les marchés chinois comme aliments. Des civettes infectées auraient constitué un réservoir de virus [lesquels auraient subi à nouveau une mutation leur donnant l’aptitude d’infecter] l’humain. »

D’autres mutations encore ont probablement été nécessaires pour que le virus s’adapte à son nouvel hôte qu’est l’humain et lui permettent de se transmettre d’humain à humain.

« On pense qu’un phénomène semblable s’est produit pour le coronavirus 2019-nCoV, car il s’agit d’un virus dont la séquence génétique s’apparente à celle du SRAS. Ces deux virus font partie du même sous-groupe des coronavirus », fait remarquer M. Tellier.

   

« Il y a un nombre effarant d’espèces de virus qui circulent parmi les animaux. Toutefois, l’immense majorité de ces virus ne sont pas capables de faire le saut à l’humain, ceux qui y parviennent vont habituellement induire une infection transitoire, car ils n’ont pas trouvé la bonne recette pour se transmettre de façon fiable. Certains virus vont néanmoins trouver une façon de le faire efficacement, et ces virus pourront causer une épidémie, laquelle pourra être jugulée relativement rapidement, comme ce qui est arrivé avec le SRAS, ou au contraire pourra s’établir dans la population humaine, c’est ce qui se passe avec les virus de la grippe, et c’est ce qui s’est passé avec le VIH qui est un virus qui a sauté d’un primate non humain à l’homme et qui s’est répandu sur la planète », explique ce professeur à la Faculté de médecine de l’Université McGill.

C’est donc en raison de ce phénomène de transmission de l’animal à l’humain que les autorités chinoises ont interdit temporairement la vente d’animaux sauvages dans les marchés du pays.

Comité d’urgence

Sur un autre registre, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’il allait à nouveau convoquer aujourd’hui, jeudi, son comité d’urgence afin de déterminer si l’épidémie constitue ou non une alerte internationale. Et il a appelé le « monde entier à agir » face au nouveau coronavirus.

 

Selon le bilan officiel du 30 janvier, environ 7700 personnes ont été contaminées en Chine, où 170 malades sont décédés. La quasi-totalité des décès est survenue dans la région d’Hubei, le berceau de la contagion.

Au Québec, mercredi après-midi, il n’y avait aucun cas confirmé ni aucune personne devant se soumettre à une investigation, quatre cas ayant été infirmés par des résultats d’analyse négatifs.

La directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, a envoyé par courriel aux parents des élèves des écoles primaires et secondaires, des services de garde éducatifs à̀ l’enfance et aux étudiants postsecondaires sur le territoire de Montréal une lettre visant à les informer de la situation et à leur transmettre des recommandations sur les démarches à suivre si leur enfant revient de Wuhan et développe des symptômes.

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada affirme qu’il faudra probablement au moins un an avant qu’un vaccin soit développé pour protéger les gens contre le nouveau coronavirus qui se propage à travers le monde.

Avec l’Agence France-Presse