Baisse marquée de la consommation d’alcool et de drogue chez les adolescents

La proportion de jeunes ayant consommé du cannabis au moins une fois par semaine est passée de 41% à 35%.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La proportion de jeunes ayant consommé du cannabis au moins une fois par semaine est passée de 41% à 35%.

Au Québec, les jeunes du secondaire consomment significativement moins d’alcool et de drogues qu’auparavant. Une tendance encourageante qui est plus marquée à Montréal que dans le reste du Québec et qui s’apparente à ce qu’on observe au Canada et ailleurs dans le monde.

Selon l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire menée en 2016-2017, 11 % des jeunes montréalais de 1re secondaire et 23 % de ceux de 5e secondaire, contre respectivement 17 % et 32 % en 2010-2011, avaient consommé de l’alcool au moins une fois par semaine au cours des 12 derniers mois.

La proportion d’élèves ayant eu au moins un épisode de consommation excessive d’alcool (soit cinq consommations ou plus à une même occasion) a aussi diminué, passant en moyenne de 62 % en 2010-2011 à 54 % en 2016-2017 (soit 38 % des élèves de 1re secondaire et 64 % de ceux de 5e secondaire).

 
96%
C’est la proportion de jeunes qui ne présente « aucun problème évident de consommation d’alcool ou de drogues ».

La proportion demeure toutefois élevée, fait remarquer Natalia Gutierrez, agente de planification, de programmation et de recherche pour la Direction régionale de santé publique.

« Il y a lieu de se poser des questions sur la perception et l’acceptabilité sociale de l’alcool. L’enquête québécoise sur le cannabis menée en 2019 à la suite de la légalisation et dans laquelle on tente de mesurer l’acceptabilité sociale du cannabis versus le tabac et l’alcool devrait nous donner des indications à ce sujet. »

Interventions

Pour diminuer ce type de consommation, « on pourrait envisager d’autres interventions comme celle qui a été menée au Québec — où on a retiré des épiceries et des dépanneurs les boissons sucrées contenant plus de 7 % d’alcool — et limiter le marketing visant les jeunes. Il faudrait aussi mener des interventions sur les facteurs de risque comportementaux et familiaux », affirme Mme Gutierrez.

Une donnée intéressante à souligner concernant la consommation d’alcool : les proportions de filles et de garçons étaient les mêmes.

Par ailleurs, environ 33 % des élèves montréalais du secondaire ayant déjà consommé de la drogue au cours de leur vie ont connu au moins un épisode de consommation régulière de drogues, contre 45 % en 2010-2011. Le cannabis était la drogue la plus souvent consommée, suivi par les médicaments pris sans ordonnance. La proportion de jeunes ayant consommé du cannabis au moins une fois par semaine pendant l’année précédant l’enquête est passée de 41 % à 35 %.

Dans tous les cas, la baisse observée est plus importante à Montréal qu’ailleurs au Québec.

« Même si l’enquête ne cherchait pas d’explications, l’hypothèse qu’on avance est que la population montréalaise est très multiculturelle et donc différente, en ce sens, du reste de la population du Québec », fait remarquer Mme Gutierrez.

Autre bonne nouvelle : la très grande majorité des jeunes (96 %) ne présente « aucun problème évident de consommation d’alcool ou de drogues ».

L’enquête a également permis de voir que les jeunes qui ont une consommation problématique d’alcool et de drogues présentent une plus faible aptitude à s’autocontrôler, courent un plus grand risque de décrochage scolaire et sont soumis pour la plupart (73 % d’entre eux) à une supervision parentale beaucoup moindre que les élèves sans problème de consommation.

« Ces données vont permettre d’outiller les professionnels sur le terrain, soit en milieu scolaire et dans les organisations communautaires, et les parents afin de les aider à avoir une meilleure communication avec leurs jeunes, un encadrement approprié et de mieux les suivre », croit Mme Gutierrez.

Les stratégies qui visent à prévenir la consommation d’alcool et de drogues consistent à développer les compétences personnelles des jeunes et des familles, à communiquer les risques associés à la consommation d’alcool et de drogues, à corriger les fausses croyances chez les jeunes, à mener des interventions sur le plan de la disponibilité et de l’accessibilité aux substances.

L’ensemble de ces stratégies ont probablement contribué à faire baisser la consommation, affirme-t-elle.