Le projet du nouveau télescope d’Hawaï reprend vie

La Cour suprême d’Hawaï avait, en 2015, bloqué le permis de construction, décrétant que les opposants n’avaient pas eu le temps nécessaire pour se faire entendre lors des audiences publiques.
Photo: Hollyn Johnson / Hawaii Tribune-Herald via Associated Press La Cour suprême d’Hawaï avait, en 2015, bloqué le permis de construction, décrétant que les opposants n’avaient pas eu le temps nécessaire pour se faire entendre lors des audiences publiques.

Le projet de télescope qui s’était heurté en 2014 au réveil de la culture traditionnelle hawaïenne reprend vie : le gouverneur de cet État américain dans le Pacifique a annoncé une entente grâce à laquelle sa construction pourrait commencer en juillet.

La construction du Télescope de trente mètres (TMT), à 4200 mètres d’altitude au sommet du Mauna Kea, doit s’étaler sur près de dix ans et coûter deux milliards de dollars. Il sera le plus puissant du monde et il implique six partenaires, dont la Chine, l’Inde, le Canada et deux universités américaines.

Sauf qu’à l’automne 2014, l’opposition de groupes autochtones et environnementaux d’Hawaï avait soudain pris les astronomes de court. Ils n’auraient pas été surpris, avait-on écrit à l’époque, s’ils avaient été plus attentifs à la politique et à la culture locales.

Le gouverneur David Ige, le même qui avait annoncé un moratoire en 2015, a annoncé le 20 juin la reprise imminente des travaux, dans le cadre d’une entente qui prévoit le démantèlement de 5 des 13 télescopes construits sur cette montagne depuis 1968, et la restauration des sites.

L’annonce met-elle fin à la dispute ? La Cour suprême d’Hawaï avait, en 2015, bloqué le permis de construction, décrétant que les opposants n’avaient pas eu le temps nécessaire pour se faire entendre lors des audiences publiques. L’automne dernier, la Cour a réinstauré le permis, après quatre nouvelles années de débats.

Dès le 20 juin, certains des opposants s’en prenaient, non à l’annonce du gouverneur, mais aux autorités qui s’étaient empressées de démanteler quatre structures temporaires qui bloquaient la route d’accès au site. Il n’était pas facile de déterminer, pendant la fin de semaine, s’ils avaient l’intention de continuer à s’opposer au projet ou s’ils s’étaient tous ralliés au compromis.