De retour sur Terre, David Saint-Jacques raconte son voyage dans l’espace

David Saint-Jacques a connu de gros problèmes d’équilibre et de nausées après avoir touché le sol au Kazakhstan, lundi passé.
Photo: Alexander NEMENOV / POOL / AFP David Saint-Jacques a connu de gros problèmes d’équilibre et de nausées après avoir touché le sol au Kazakhstan, lundi passé.

L’astronaute québécois David Saint-Jacques dit qu’il s’adapte bien à son retour sur la Terre après une mission de plus de six mois dans l’espace.

Vendredi, en conférence de presse depuis le Centre spatial Lyndon B. Johnson à Houston, M. Saint-Jacques a déclaré aux journalistes qu’il ne ressentait aucune douleur, mais qu’il avait eu de gros problèmes d’équilibre et de nausées après avoir touché le sol au Kazakhstan, tard lundi. Son état s’est toutefois constamment amélioré au cours des quatre jours qui ont suivi, a-t-il dit.

À chaque battement de cœur, ça va mieux

« À chaque battement de coeur, ça va mieux, si on veut, a-t-il confié. Je n’ai pas vraiment de douleur — il y a des gens qui ont beaucoup de douleurs, moi, c’est correct. Moi, c’est surtout un problème d’équilibre. Je me sentais incapable de me tenir debout. Maintenant, ça va bien », a-t-il assuré.

« Sinon, les nausées, c’est fini […]. Je me sens un peu la tête légère, si on veut. Ça, encore une fois, ça s’améliore chaque jour, donc le retour sur la Terre se fait bien. Donc, oui, la gravité est redevenue mon amie. »

David Saint-Jacques, âgé de 49 ans, ingénieur, astrophysicien et médecin de famille, a établi un record canadien pour le vol spatial le plus long, à 204 jours. Parmi les faits saillants de son expédition, il a participé à une sortie dans l’espace de six heures et demie et il est devenu le premier astronaute canadien à utiliser le bras robotique « Canadarm2 » pour « attraper en orbite » une capsule cargo lancée par le transporteur SpaceX.

Comme un bébé

Pour l’heure, il fait attention, demeure prudent et prend les choses lentement, a-t-il dit. Il passe du temps dans la piscine, où il retrouve les « joies » de l’apesanteur, et il préfère le bain à la douche — question d’équilibre.

« Mes enfants rient de moi un peu parce qu’ils pensent que je suis comme un bébé qui a besoin de tenir la main [à quelqu’un] pour marcher, qui a besoin de se faire aider pour tout, qui est un petit peu distrait, a-t-il raconté vendredi. Donc, mes grands garçons me comparent à leur petite soeur. »

Et malgré plus de six mois de sa vie passés dans l’espace, ce séjour exceptionnel lui semble encore flou, quelques jours à peine après avoir quitté sa petite maison orbitale. « C’est comme si les six mois que j’ai passés en orbite, c’était un rêve », dit-il.

Là-haut, dans l’espace, il a saisi plusieurs occasions, malgré un horaire extrêmement chargé, pour observer la Terre sous tous ses angles.

« Cela ne vous fait pas sentir petit. Au contraire, vous vous sentez faire partie de quelque chose de grand, qui est le pouvoir de l’esprit humain d’élargir notre monde, d’élargir notre perspective, a raconté M. Saint-Jacques. Ce fut un moment fort. »

L’astronaute a déclaré que le fait de retrouver sa femme et de serrer ses enfants dans ses bras lui avait procuré le plus grand plaisir à son retour à Houston. Et après des mois passés dans un espace confiné, il a maintenant hâte de se balader le soir dans une rue animée de Montréal, mais aussi de s’asseoir tranquillement devant un feu de camp au chalet.

David Saint-Jacques devrait revenir à l’Agence spatiale canadienne, à Longueuil, le mois prochain.

Voyez l'intégrale de sa conférence de presse