L’UQO accueille l’Acfas pour une première fois

Martine Letarte Collaboration spéciale
La majorité des professeurs de l’Université du Québec en Outaouais ont fait partie des comités formés pour évaluer les communications scientifiques présentées.
Photo: Université du Québec en Outaouais La majorité des professeurs de l’Université du Québec en Outaouais ont fait partie des comités formés pour évaluer les communications scientifiques présentées.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Pour une première fois en près de 40 ans d’existence, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) accueillera le Congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir (Acfas). C’est le résultat d’une grande mobilisation du milieu pour mettre en lumière, à travers les différentes communications scientifiques et activités grand public, l’apport des collectivités de la francophonie internationale à la recherche.

« L’organisation du Congrès et des activités grand public a permis de mobiliser l’ensemble de la communauté universitaire de la région ces dernières années », se réjouit Denis Harrisson, recteur de l’UQO, pour qui l’accueil du 87e Congrès de l’Acfas est une source de fierté. La majorité des professeurs de l’UQO ont fait partie des comités formés pour évaluer les communications scientifiques présentées.

« C’est le même congrès que lorsqu’il est tenu dans une université de grande taille, excepté que nous avons moins de ressources pour l’organiser. Alors, il a été particulièrement important de mobiliser tout le monde pour y arriver », ajoute le recteur.

La mobilisation a aussi traversé les murs de l’université. Un partenariat avec le Cégep de l’Outaouais a permis d’avoir suffisamment de salles pour tenir les différents colloques, qui accueilleront près de 5000 congressistes composés de chercheurs, d’étudiants et de professeurs.

« D’autres partenaires dans la région ont été très actifs, comme la Ville de Gatineau et Tourisme Outaouais, qui y ont vu une occasion d’offrir une vitrine sur l’Outaouais alors que des participants viennent de partout à travers le Québec et d’ailleurs dans le monde francophone et francophile », indique Denis Harrisson.

Engager le dialogue

Cette année, le thème du colloque de l’Acfas est « Engager le dialogue savoirs- sociétés ». Un thème qui interpelle Denis Harrisson, docteur en sociologie.

« Lorsqu’on regarde certains grands phénomènes, comme les climatosceptiques et les interrogations que des gens ont sur les vaccins, on se rend compte que la crédibilité de la science a été mise à mal au cours des dernières années, affirme-t-il. Bien que des démonstrations scientifiques aient été faites hors de tout doute raisonnable, les gens n’y croient plus automatiquement. Il faut engager le dialogue pour que les résultats de recherche soient connus et acceptés par l’ensemble de la société. »

Plusieurs activités grand public gratuites sont d’ailleurs organisées lors du Congrès de l’Acfas. Par exemple, une balade en forêt dans le parc de la Gatineau est proposée pour faire connaître aux participants de nombreux écosystèmes et certaines plantes forestières comestibles et médicinales.

Une conférence participative abordera l’enjeu des embouteillages et permettra de découvrir les derniers développements en matière de systèmes de transport intelligents pour espérer un jour, peut-être, en venir à bout.

Une autre conférence participative — « Réinventer la forêt » — se demandera comment les écosystèmes vitaux pour l’humanité résisteront aux espèces envahissantes, aux canicules et aux autres menaces qui planent sur leur avenir à la suite des changements climatiques.

Denis Harrisson se réjouit aussi de voir que la question des changements climatiques revient souvent parmi les 200 colloques de l’Acfas, qui présenteront environ 4000 communications scientifiques.

Son attention a aussi été retenue notamment par ceux qui portent sur la prévention du suicide, l’obésité et l’activité physique, l’intimidation des personnes obèses, l’immigration en milieu urbain, l’impact des réformes dans le réseau de la santé et des services sociaux, la santé mentale et la persévérance scolaire.

« Ce sont toutes des questions d’actualité importantes à aborder », précise-t-il.

La recherche en français

Alors que la langue dominante dans le monde en matière de publications et de grands événements scientifiques est l’anglais, l’Acfas réunit les francophones et les francophiles pour leur permettre de s’exprimer en français.

« Il y a toujours de la place pour des colloques et des congrès en français, affirme Denis Harrisson. En plus des représentants de la francophonie, des francophiles des États-Unis et de l’Asie, par exemple, seront présents, même si le français n’est pas leur première langue. Le français demeure assez important dans le monde scientifique. C’est important de pouvoir continuer à faire de la science dans notre langue. »