La colonie disparue des manchots empereurs d'Antarctique

Le manchot empereur est exposé à des conditions climatiques extrêmes.
Photo: Marcel Mochet Agence France-Presse Le manchot empereur est exposé à des conditions climatiques extrêmes.

On a l’habitude d’imaginer que le manchot empereur, ce « pingouin » de l’Antarctique, est l’animal le plus résistant du monde, en considération des conditions climatiques extrêmes auxquelles il est exposé. Or, il semblerait que la deuxième colonie du continent en importance ait été dévastée en un temps record par une « catastrophe démographique ».

Pas moins de 10 000 petits sont en effet morts en 2016 — pour un groupe qui comptait entre 14 000 et 25 000 couples reproducteurs par année. Cet hiver-là, rapporte une étude parue jeudi dans la revue Antarctic Science, la glace annuelle recouvrant le « site Hadley », sur la mer de Weddell, s’était rompue particulièrement vite. Une rupture associée à des tempêtes fortes quelques mois plus tôt, à une année El Niño et à un record à la baisse de la surface maritime recouverte par la glace. L’étude ne dit pas pourquoi ces conditions ont pu provoquer pareille hécatombe chez les jeunes, mais il est certain qu’avant un certain âge, un jeune manchot est incapable de survivre dans l’eau glaciale.

10 000
C’est le nombre de bébés manchots morts en 2016.

Les chercheurs notent également que, depuis trois ans, la glace n’est pas revenue à ce qu’elle était avant. Et les images satellites des années subséquentes montrent l’absence presque totale de manchots sur ce site de reproduction qu’ils utilisaient pourtant depuis 60 ans. Certains se sont peut-être joints à la colonie Dawson-Lambton, à 55 km plus au nord, dont la population a augmenté.

La colonie du site Hadley représentait 9 % de la population totale des manchots empereurs. Mieux comprendre ce qu’elle est devenue permettrait d’en apprendre davantage sur la vulnérabilité — ou la résilience — des manchots au regard des changements climatiques en cours.