Nos interactions avec les interfaces technologiques sous la loupe

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
Les recherches se servent de l’électroencéphalographie (EEG) pour mettre au point des «contre-mesures», comme un changement de couleur de l’interface, pour conserver l’attention d’un usager.
Photo: iStock Les recherches se servent de l’électroencéphalographie (EEG) pour mettre au point des «contre-mesures», comme un changement de couleur de l’interface, pour conserver l’attention d’un usager.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le Tech3Lab, à HEC Montréal, a développé une technique pour comprendre ce que les personnes ressentent, même de manière inconsciente, lors de l’utilisation d’interfaces technologiques. « Ce qui nous intéresse, c’est de mesurer ce que les gens vivent réellement dans leurs interactions pour améliorer l’interface et la rendre plus facile à utiliser », explique Pierre Majorique Léger, codirecteur du Tech3Lab. Aperçu de ses travaux en quatre temps.

Ça consiste en quoi ?

Lorsque des volontaires interagissent avec des produits ou services technologiques dans le Tech3Lab, les chercheurs enregistrent les mouvements oculaires, la transpiration, le rythme cardiaque et les expressions du visage, tout en recourant à l’électroencéphalographie (EEG). Les données sont ensuite synchronisées, triangulées et analysées à l’aide de l’IA pour relever les émotions ressenties ou les efforts cognitifs réalisés durant l’interaction. Elles révèlent ainsi quand l’expérience laissait à désirer.

C’est pour qui ?

La Banque Nationale a ainsi testé sa plateforme transactionnelle avant de la mettre en ligne en 2018. D-Box et l’Opéra de Montréal travaillent actuellement avec le Tech3Lab pour mieux comprendre l’expérience des spectateurs assis sur des fauteuils qui bougent et qui vibrent durant une projection ou une représentation d’opéra. La Chaire de recherche industrielle CRSNG-Prompt en expérience utilisateur, dirigée par M. Léger, compte aussi parmi ses partenaires Sobeys, le Mouvement Desjardins et Vidéotron.

On s’en va où ?

Les recherches de M. Léger se servent de l’EEG pour mettre au point des « contre-mesures », comme un changement de couleur de l’interface, pour conserver l’attention d’un usager. Son but ? Maintenir la concentration d’un travailleur qui doit demeurer vigilant, notamment pour des raisons de sécurité, durant de longues périodes de temps. Il souhaite que ces travaux mènent à la création d’interfaces technologiques capables de s’adapter, par elles-mêmes et en temps réel, à l’émotion et à l’attention de ses utilisateurs.

Des garde-fous ?

« J’aide les organisations à concevoir des interfaces qui sont très engageantes, et l’objectif est d’amener les gens à les utiliser et à continuer de les utiliser », reconnaît M. Léger. Conscient de cette influence, il mène d’autres expériences sur la division de l’attention induite par les appareils numériques, notamment pour « mieux comprendre la difficulté des gens de se désengager de tâches franchement dangereuses, comme texter en marchant. »