Le mode d'accouchement influencerait la santé respiratoire des bébés

Les chercheurs ont observé que la composition du microbiote fécal des nourrissons nés par césarienne était significativement différente de celle des poupons ayant vu le jour par voie naturelle.
Photo: Loic Venance Agence France-Presse Les chercheurs ont observé que la composition du microbiote fécal des nourrissons nés par césarienne était significativement différente de celle des poupons ayant vu le jour par voie naturelle.

Le mode d’accouchement influencerait le microbiote intestinal du nouveau-né et aurait ainsi un impact sur sa santé respiratoire durant sa première année de vie, révèle une étude menée sur 120 bébés à Utrecht, aux Pays-Bas, et dont les résultats ont été rendus publics au congrès européen de microbiologie clinique et des maladies infectieuses.

Marta Reyman, du Whilhelmia Children’s Hospital, et ses collègues ont prélevé et analysé les selles de 46 bébés nés par césarienne et de 74 nés par voie vaginale, à 10 moments différents au cours des 12 premiers mois de la vie ces enfants. Les chercheurs ont alors observé que la composition du microbiote fécal des nourrissons nés par césarienne était significativement différente de celle des poupons ayant vu le jour par voie naturelle. Et cette différence était particulièrement marquée une semaine après la naissance.

Il est également apparu évident que la flore intestinale des bébés nés par voie vaginale avait été enrichie par des microbes présents dans le vagin de la mère, contrairement à celle des bébés sortis du corps de la mère à la suite d’une césarienne.

Après la naissance, les nourrissons sont normalement colonisés par une diversité de plus en plus grande de microbes intestinaux jusqu’à ce que leur microbiome atteigne une certaine stabilité. Le rythme auquel ils acquièrent ce microbiote stable aurait, semble-t-il, un impact substantiel sur leur santé au cours de leur vie. Un dérèglement du développement normal du microbiome intestinal a en effet été associé à plusieurs maladies, telles que le côlon irritable, l’asthme, les allergies et le cancer.

Or, les chercheurs ont également remarqué que les bébés nés par césarienne mettaient plus de temps à acquérir les espèces bactériennes bénéfiques pour la santé, en l’occurrence les Bifidobacteriumspp., que les enfants nés par voie vaginale. De plus, des bactéries potentiellement pathogènes, comme Klebsiella et Enterococcus spp., étaient beaucoup plus abondantes chez les enfants nés d’une césarienne, et ce, indépendamment de la durée de leur séjour à l’hôpital après la naissance, du type d’alimentation qu’ils recevaient et de leur exposition à des antibiotiques.

Les chercheurs ont également découvert l’existence d’une corrélation entre le nombre total d’infections respiratoires dont a souffert chaque enfant au cours de sa première année de vie et l’abondance des espèces bactériennes néfastes (Klebsiella et Enterococcus spp.) dans sa flore intestinale une semaine après sa naissance. Selon les auteurs de l’étude, cette association met en évidence un lien possible entre le mode d’accouchement et l’incidence des maladies infectieuses plus tard dans la vie.

Des études précédentes suggéraient que la prise d’antibiotiques par la mère lors d’une césarienne était le principal facteur susceptible d’influencer le développement du microbiote du nourrisson. La nouvelle étude permet d’écarter ce facteur puisque les antibiotiques sont administrés aux femmes ayant subi une césarienne après que le cordon ombilical a été coupé.