L’Univers, chasseur d’images

Photo: American Museum of Natural history, collaboration avec la NASA Image tirée du film «Passeport pour l’Univers»
 

Plus que jamais, nous comprenons que nous ne sommes pas au centre de l’Univers, comme nos ancêtres l’ont cru longtemps. Le voyage cosmique auquel nous convie le nouveau film immersif Passeport pour l’Univers, présenté au Planétarium Rio Tinto Alcan, nous transporte depuis notre petite planète jusqu’aux limites de l’Univers observable, que les télescopes et les satellites d’observation nous ont permis de voir jusqu’à aujourd’hui.

Une fois traversé notre système solaire, on se rend rapidement compte que notre soleil n’est qu’une étoile ordinaire parmi les centaines de milliards de la Voie lactée, qui n’est qu’une galaxie parmi la soixantaine composant le Groupe local, lequel n’est qu’une infime portion du superamas de la Vierge, qui en regroupe plusieurs milliers.

Enfin, ce vaste superamas de galaxies ne constitue qu’une minuscule partie de l’Univers observable, qui comprendrait environ une centaine de milliards de galaxies.

Sans compter toutes celles que nous ne pouvons pas voir, car, qui sait, l’Univers observable n’est peut-être qu’une petite bulle dans un Univers infini caché au-delà de notre horizon cosmique !

Photo: American Museum of Natural history, collaboration avec la NASA Image tirée du film «Passeport pour l’Univers»

Voilà des dimensions vertigineuses qui donnent le tournis et que le film immersif Passeport pour l’Univers permet d’appréhender concrètement grâce à des images exceptionnelles élaborées à partir des plus récentes découvertes scientifiques.

Créé en 2005 par l’American Museum of Natural History de New York, en collaboration avec la NASA, le film a toutefois été complètement renouvelé à l’aide des toutes dernières images des télescopes Hubble et Spitzer, à l’exception du fil conducteur du film et de sa trame sonore, restés fidèles à la version originale.

« Ce que nous voyons n’a rien de fantaisiste. Le réalisme et l’exactitude scientifique des images sont tout à fait incroyables, souligne Olivier Hernandez, directeur du Planétarium. De plus, ce film offre des points de vue inédits de notre situation dans l’Univers, un regard extérieur qu’on a dû reconstituer à l’aide de toutes les informations que nous a fournies le satellite Gaïa, dont la vitesse, la position, la distance et la couleur de chaque étoile, et que la magie des planétariums nous permet de manipuler afin de pouvoir nous balader autour de ces étoiles. Le résultat final a l’air tout simple, mais il a nécessité énormément d’efforts de la part des astronomes, pour la modélisation notamment. »

Photo: American Museum of Natural history, collaboration avec la NASA Image tirée du film «Passeport pour l’Univers»
 

Plongée époustouflante

Époustouflante est cette plongée dans un trou noir qui donne l’impression d’être aspiré dans un tunnel, qui, selon certaines théories, relierait des régions éloignées de l’Univers entre elles. Et particulièrement spectaculaire est l’incursion dans la nébuleuse d’Orion, un vaste nuage de gaz et de poussières dans lequel flottent de petits cocons en forme de larmes, qui renferment une étoile naissante et sa famille de planètes en formation.

Ce que nous voyons n’a rien de fantaisiste. Le réalisme et l’exactitude scientifique des images sont tout à fait incroyables.

« Notre système solaire est né il y a près de cinq milliards d’années dans une nébuleuse comme celle-là, mais qui a aujourd’hui disparu. Les étoiles proches [de nous] ont vraisemblablement connu la même évolution et avec la même matière [que notre soleil], ce qui nous fait dire qu’on trouvera probablement de la vie sur les planètes de ces étoiles », explique M. Hernandez.

Le film s’adresse à un public de 7 ans ou plus. Certains spectateurs connaissant quelque peu l’astronomie resteront peut-être sur leur faim, mais ils devraient réaliser que ces images sont non seulement exceptionnelles par le fait qu’elles intègrent toutes les connaissances scientifiques les plus récentes, mais qu’elles nous sont présentées sur un dôme de 360° qui crée une véritable immersion dans cet Univers dont l’immensité dépasse l’entendement.

Portraits de cratères

Dans l’étroit couloir menant à l’entrée du théâtre où est projeté Passeport pour l’Univers, une intéressante et très belle exposition intitulée Femmes d’impact vient souligner de façon originale le 50e anniversaire des premiers pas de l’être humain sur la Lune.

Astronome amateur, l’artiste Bettina Forget présente 30 « portraits » de cratères lunaires qu’elle a dessinés au crayon de graphite et à l’acrylique. « Lorsque j’ai regardé les noms qu’on avait donnés aux cratères, j’ai d’abord reconnu des noms célèbres comme Galilée, Copernic et Kepler. Quand j’ai cherché ceux portant un nom de femme, j’ai découvert que sur les quelque 1600 cratères répertoriés et nommés, seulement 30 d’entre eux portaient un nom féminin, soit 1,9 % », raconte Mme Forget, qui dit avoir été choquée par cette sous-représentation des femmes, qu’elle qualifie de « honteuse », et sur laquelle elle a voulu attirer l’attention du public.

Résultant d’une grande minutie, chaque dessin renseigne le visiteur sur la topographie précise du cratère représenté et est accompagné d’une brève biographie de la femme dont le nom a été choisi pour l’identifier.

Parmi les 30 femmes immortalisées sur la Lune, certaines sont très connues, comme Marie Sklodowska Curie, la physicienne Lise Meitner, qui a découvert la fission nucléaire, ainsi que Sally K. Ride, qui fut la première astronaute américaine à aller dans l’espace.

D’autres sont méconnues, comme la cosmonaute russe Valentina Terechkova, qui fut en 1963 la première femme à effectuer un vol dans l’espace, la Russe Sofia Vassilievna Kovalevskaïa (1850-1891), l’une des premières femmes mathématiciennes de l’époque moderne à avoir entrepris une carrière universitaire, et l’ingénieure américaine et astronaute Judith Arlene Resnik (1949-1986), décédée lors de la tragédie de la navette spatiale Challenger.

Le directeur du Planétarium, Olivier Hernandez, est très fier de cette exposition qui répond tout à fait à la mission qu’il s’est donnée de valoriser et d’encourager la présence des femmes en science.