Projets de développement durable en bref

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Photo: Thomas Kelley Unsplash

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche universitaire

Déconstruire le pont Champlain en valorisant les matériaux
Qui dit nouveau pont Champlain dit aussi démolition de l’ancien, ou plutôt déconstruction. Parce qu’il ne s’agit pas de le faire sauter à l’explosif, mais bien de le faire disparaître en respectant l’environnement et en récupérant les matériaux de manière appropriée, ce qui n’est pas sans présenter certains défis. Le pont passe en effet au-dessus du fleuve Saint-Laurent, écosystème très riche qu’il faut protéger. En s’inspirant des principes de l’économie circulaire, la société Les ponts Jacques-Cartier et Champlain incorporée (PJCCI) s’engage dans la réalisation de programmes de développement durable, avec notamment la récupération et la réutilisation des matériaux en provenance du pont inauguré en 1962. Le nouveau pont Champlain sera ouvert au plus tard en juin et la déconstruction de l’ancien démarrera d’ici la fin de l’année.


Le MaaS, nouveau Graal du voyageur urbain​

Le « MaaS » (Mobility as a Service) : les acteurs de la mobilité n’ont plus que ce mot à la bouche et, parmi eux, Catherine Kargas, vice-présidente de Marcon Canada, firme de conseil spécialisée en recherche marketing. Les changements dans la mobilité (électrification, partage, automatisation, multimodalité, etc.) sont au coeur de ses travaux depuis plusieurs années. Selon elle, nous nous trouvons aujourd’hui en face de problèmes qui nécessitent de revoir la mobilité urbaine, et l’électrification des transports, combinée à la technologie de téléphones intelligents et d’intelligence artificielle, faciliteront la transition vers une mobilité plus durable. La solution ? La mise en place notamment d’applications de type MaaS. Il s’agit de simplifier la vie des utilisateurs en réunissant sur une même plateforme les services de transports en commun d’une part, mais aussi les vélos en libre-service, taxis ou encore autopartage. L’objectif ? Que les citadins se décident enfin à laisser leur voiture au garage.


La biométhanisation au lieu de l’enfouissement​

Les technologies de biométhanisation sont de plus en plus populaires au Canada et aux États-Unis dans le domaine de la gestion des matières résiduelles, et nombre de municipalités s’y intéressent. Elles permettent en effet de détourner les matières organiques des sites d’enfouissement, réduisant les émissions de GES, en plus de générer de l’électricité renouvelable et du gaz naturel renouvelable, ce qui leur donne un avantage sur le compostage. Marie-France Gravelle est ingénieure en environnement. En tant qu’associée au sein du bureau de GHD à Montréal, elle travaille à déceler les meilleures technologies pour atteindre les résultats attendus tant en matière de rendement que de coûts.


Valoriser le textile usagé

Saviez-vous que l’industrie de la mode arrive au deuxième rang des industries les plus polluantes au monde (la première étant l’industrie pétrolière) ? Et que la dégradation des textiles en site d’enfouissement peut prendre plusieurs centaines d’années ? Certex est un des plus grands centres de traitement des textiles usagés au Québec. Grâce à des solutions innovantes, socialement et sur le plan de l’environnement, il atteint un taux de valorisation de 90 % des déchets et se positionne aujourd’hui comme un acteur incontournable du milieu. Son modèle est fondé sur l’économie circulaire.


Vers des chaussées plus résilientes

La construction d’infrastructures routières perturbe inévitablement le milieu naturel. Une perturbation accentuée par les changements climatiques, notamment dans les régions dans lesquelles le sol était jusque-là gelé en permanence, comme dans le nord du Québec. La chaleur absorbée par un revêtement routier foncé contribue en effet à réchauffer le sol. L’équipe de Chantal Lemieux, coordinatrice de recherche au Département de génie civil à l’Université Laval, a trouvé une solution à ce problème. Il s’agit d’utiliser des matériaux de revêtement qui réduisent l’absorption de la radiation solaire, les rendant ainsi plus résilients. Des résultats de recherche utilisés aujourd’hui en contexte municipal afin de contrer les îlots de chaleur.


Végétaliser les bâtiments urbains
Le développement urbain exerce une pression grandissante sur la viabilité des milieux naturels et compromet directement la qualité des milieux de vie. En témoignent plusieurs problèmes liés aux phénomènes d’îlots de chaleur urbains, à la gestion des eaux pluviales ainsi qu’à la perte de biodiversité et la perturbation des écosystèmes. De plus en plus, le déploiement de stratégies comme celles liées au verdissement se multiplient dans les villes afin d’atténuer les effets négatifs occasionnés par ces enjeux. Diplômé d’une maîtrise en gestion de l’environnement et développement durable à l’Université de Sherbrooke, Pierre-André Lebeuf est aujourd’hui chargé de projets au développement durable pour SOPREMA Canada. Son travail d’analyse ainsi qu’une enquête terrain ont permis de démontrer que l’application des phytotechnologies sur les bâtiments urbains, peut s’avérer bénéfique pour les organisations, tant sur le plan environnemental que du point de vue économique et social.