Que sera la mobilité du futur?

Etienne Plamondon Emond et Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Navette autonome Navya de la Ville de Candiac
Photo: Picaboo Navette autonome Navya de la Ville de Candiac

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les véhicules sont des centres de données sur roues, et ils le seront encore plus à l’avenir. Selon Microsoft, dans six ans seulement, 100 % des voitures neuves seront connectées et, d’ici 2030, 15 % d’entre elles seront autonomes. Elles prendront alors en charge l’envoi, la réception et l’analyse de grandes quantités de données, permettant de réduire le nombre d’accidents, de limiter la congestion et de gérer les déplacements de manière efficace. En attendant, partout dans le monde, des projets de mobilité intelligente se mettent en branle. En voici quelques-uns.

Stationnement facile Près de 30% du trafic urbain est généré par des automobilistes à la recherche d’une place de stationnement, ce qui engendre congestion, pollution et agacement. Depuis quelques années, plusieurs villes tentent de réduire le phénomène grâce au stationnement intelligent. Le principe ? Installer des capteurs dans la chaussée, qui vont indiquer en temps réel aux automobilistes les places disponibles à destination. Certaines applications offrent également la possibilité d’être alerté en cas de dépassement de durée, voire de payer pour prolonger la validité du stationnement. Dans un autre ordre d’idées, les informations peuvent aussi être remontées aux autorités afin de déceler les véhicules en infraction. Les villes de Nice, en France, ainsi que Los Angeles et San Francisco, aux États-Unis, utilisent déjà ce type de services, tout comme Montréal, qui souhaite également se servir des données collectées pour mettre en place un système de modification dynamique du coût de stationnement. H.R.-G.

Covoiturage intégré

Près d’un milliard d’internautes sont des utilisateurs actifs de Facebook. Des internautes qui se parlent le plus souvent virtuellement, mais qui se servent aussi du réseau social pour organiser des événements destinés à se rencontrer dans la vraie vie. Concert, fête communautaire, chalet ou canot-camping entre amis, réunion de famille et même mariage… Les professionnels comme les particuliers utilisent de plus en plus cet outil pour planifier leurs événements. Reste à savoir comment s’y rendre. D’où l’idée de Mark Zuckerberg d’offrir à ses abonnés un nouveau système de covoiturage. Il s’agirait, d’après le brevet déposé, d’afficher un onglet covoiturage permettant d’organiser facilement le voyage à plusieurs, à même la page consacrée à l’événement. Et comme Facebook sait à peu près tout sur tout le monde, toutes les données collectées et analysées lui permettront de tenter de coupler passagers et conducteur en fonction de leurs intérêts. H.R.-G.


Quand ford se met au vélo Alors que de nombreux constructeurs automobiles planchent sur la voiture du futur, d’autres tentent de revoir globalement la mobilité urbaine. Ainsi, Ford a mis au point un vélo électrique, pliable et connecté, appelé MoDe : Me. Intelligent, il est relié à une application mobile permettant de rationaliser les déplacements en choisissant le meilleur mode possible en temps réel : voiture personnelle ou en autopartage, transport en commun, vélo ou marche. L’application propose également un système de guidage. Ainsi, un capteur à ultrasons alerte par exemple le cycliste en faisant vibrer le guidon qu’un véhicule est en train de le doubler. Ce dernier est par ailleurs averti par des vibrations au niveau de chaque poignée lorsqu’il doit tourner. Le but de Ford ? Mettre en place un écosystème où le constructeur deviendrait fournisseur de mobilité. H.R.-G.

​Un port intelligent L’intelligence artificielle pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre et améliorer la chaîne logistique liée aux activités portuaires. Element AI, une entreprise montréalaise qui fournit des services dans le domaine de l’intelligence artificielle, collabore en ce moment avec le Port de Montréal pour perfectionner l’application le PORTail du camionnage. Cette dernière, pour le moment, transmet en temps réel aux camionneurs, qui viennent charger ou décharger sur place de la marchandise, le trafic routier et le temps d’attente aux différents terminaux. Element AI s’emploie à mettre au point un outil prédictif qui permettra aux camionneurs de mieux anticiper la fluidité routière, de mieux prévoir leurs déplacements et d’éviter de rester coincés dans des bouchons de circulation. En plus d’améliorer l’efficacité des chaînes logistiques, un tel modèle prédictif pourrait éviter la pollution générée par les moteurs des camions immobilisés qui continuent de tourner. É.P.-E.

Des véhicules autonomes en hiver ? La navette autonome se frotte aux rigueurs de l’hiver. Keolis Canada expérimente actuellement la navette NAVYA, en la gardant immobile et sans passagers, dans le contexte de la saison froide. Il s’agit du même véhicule qui a assuré en octobre dernier un service de transport en commun sans chauffeur dans les rues de Candiac. Ce minibus avait déjà été testé en hiver au Michigan, mais jamais dans le climat québécois. L’un des objectifs consiste à améliorer la pile du véhicule électrique, car celle-ci offre une énergie réduite en bas de moins 10 degrés Celsius. « Avec le verglas, la neige, la poudrerie et les différentes précipitations qu’on reçoit durant quelques mois, les capteurs se doivent d’être modifiés pour être capables de bien comprendre ces intempéries qui peuvent survenir de manière abrupte », ajoute Marie Hélène Cloutier, vice-présidente expérience passager, marketing et commercialisation chez Keolis Canada. En novembre dernier, la navette autonome avait été essayée lors des premières neiges et elle perdait ses repères en raison de la neige accumulée en bordure de la chaussée. « Les hivers du Québec vont continuer d’être un défi pendant quelque temps pour les voitures autonomes », prévient Marie Hélène Cloutier. La Ville de Candiac a confirmé la reprise au printemps du service avec passagers, alors que la navette a fait ses preuves sous la pluie. « Nous sommes très fiers d’être la première ville au Canada à aller de l’avant avec un tel projet », a indiqué le maire Normand Dyotte par courriel. É.P.-E.