Un billet pour le ciel

La grande vitesse de rotation d’Hauméa, sa composition majoritairement rocheuse et ses deux lunes résultent d’une violente collision qu’elle aurait subie.
Photo: Planétarium Adler La grande vitesse de rotation d’Hauméa, sa composition majoritairement rocheuse et ses deux lunes résultent d’une violente collision qu’elle aurait subie.

Les deux nouveaux spectacles qui prennent l’affiche au Planétarium de Montréal nous transportent dans l’espace et le temps, jusqu’aux confins de notre système solaire, à la recherche d’une 9e planète.

Depuis que Pluton a perdu son statut de planète, les astronomes ont découvert de multiples objets qui lui ressemblent au-delà de l’orbite de Neptune, dans une région du système solaire qu’on appelle la ceinture de Kuiper. Dans le spectacle Planète 9, l’astronome Michael Brown, du California Institute of Technology (CalTech), surnommé « l’homme qui a tué Pluton » puisque c’est lui qui l’a déclassée pour lui donner le statut de planète naine, nous invite à revivre avec lui ses découvertes d’Éris, Makémaké, Quaoar, Hauméa, 2007 OR10 et Sedna, autant de corps aux propriétés atypiques qui peuplent la ceinture de Kuiper.

Produit par le Planétarium Adler de Chicago, ce spectacle a été adapté par les astronomes du Planétarium Rio Tinto Alcan et enrichi par les chercheurs de l’Institut de recherche sur les exoplanètes (IREx) de l’Université de Montréal.

Les découvertes de Mike Brown ont non seulement contribué à la déchéance de Pluton, mais aussi à remettre en question l’idée qu’on se faisait des tout débuts de notre système solaire, et à prédire l’existence d’une 9e planète. « La grande vitesse de rotation d’Hauméa, sa composition majoritairement rocheuse et ses deux lunes sont les conséquences d’une violente collision qu’elle aurait subie. Elles témoignent de la violence qui régnait lors de sa création, ce qui nous a menés à considérer que notre système solaire s’est probablement constitué dans un endroit dense et impitoyable », souligne Mike Brown.

L’orbite très allongée de Sedna, qui, pour cette raison, met 11 000 ans à faire le tour du Soleil, laisse entrevoir pour sa part l’existence de nombreux objets ayant une orbite semblable. Le fait que l’allongement des orbites de tous ces objets soit orienté du même côté a conduit Mike Brown et son équipe à formuler l’hypothèse qu’un objet très massif et très lointain, une 9e planète, serait responsable de cet alignement particulier. Depuis, de nombreux astronomes professionnels et amateurs se sont joints à la recherche de cette possible 9e planète du système solaire, qui serait une quinzaine de fois plus éloignée du Soleil que Pluton.

Photo: Softmachine La gravitation déforme le tissu de l’espace-temps par les étoiles et les planètes qui le composent.

Conçu dans un format beaucoup plus pédagogique et adapté aux enfants, Les secrets de la gravitation est un sympathique film d’animation mettant en scène un petit robot nommé AlbyX3, fan d’Einstein, qui explique simplement et très clairement l’origine de la force de gravitation et ses effets à un jeune apprenti magicien, Limbradur, qui rêve de devenir spationaute. « Tout crée de la gravitation, les étoiles, les planètes, les animaux, les plantes et même les minuscules grains de poussière. Cette force dépend de la quantité de matière que contiennent les objets. »

« Elle ne devient visible à nos yeux que quand elle est très puissante, comme celle de la Terre qui empêche la Station spatiale internationale de partir dans l’espace en la maintenant sur une orbite autour d’elle », ou celle du Soleil qui « force les planètes à tourner autour de lui », souligne-t-il, avant d’ajouter qu’Einstein a découvert qu’elle a même un effet sur le temps, qu’elle ralentit à mesure que sa force augmente. Et qu’elle déforme le tissu de l’espace-temps par le biais des étoiles et des planètes qui le composent.

Très efficace, ce charmant petit film produit par Softmachine fait comprendre (vraiment) aux petits comme aux grands les principaux concepts scientifiques de la relativité générale d’Einstein.

Huit pour un

À compter de janvier 2019, le billet d’entrée au Planétarium donnera accès aux huit spectacles. « Les gens pourront rester toute la journée et voir tous les spectacles : Les secrets de la gravitation, Planète 9, Continuum, Aurorae, L’aveugle aux yeux d’étoiles, À bord du SSE-4801, Collisions cosmiques et Exo », précise le directeur du Planétarium, Olivier Hernandez. On réintroduira aussi trois séances par jour de ciel étoilé (deux en français et une en anglais), d’une durée de 30 minutes, où on soulignera les événements et actualités astronomiques du mois.