La crise environnementale: grand défi du XXIe siècle

Institut du Nouveau Monde Collaboration spéciale
Les changements climatiques mettent en jeu toutes les dimensions de la vie moderne.
Photo: NASA / Agence France-Presse Les changements climatiques mettent en jeu toutes les dimensions de la vie moderne.

Ce texte fait partie du cahier spécial Institut du Nouveau Monde

La crise environnementale constitue certainement l’un des plus grands défis du XXIe siècle. La communauté scientifique et les groupes environnementaux ne sauraient mettre davantage l’accent sur l’urgence d’agir sur l’enjeu des changements climatiques. Mais le Québec en fait-il suffisamment ?

C’est dans cette optique que la directrice générale de l’INM, dans une lettre adressée au premier ministre publiée dans L’état du Québec 2019, plaide pour qu’une action concertée et efficace visant à lutter contre les changements climatiques devienne la priorité de nos dirigeants. L’enjeu est important, et ses conséquences sont trop nombreuses pour qu’on ne lui accorde pas la place centrale qu’il mérite. Un plan de transition énergétique existe, il s’agit maintenant de l’appliquer.

Qu’en est-il de la transition énergétique au Québec ?

La présidente-directrice générale de la société d’État Transition énergétique Québec (TEQ), Johanne Gélinas, présente dans L’état du Québec 2019 les grandes lignes de la stratégie gouvernementale en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES) incluse dans le Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétiques du Québec 2018-2023. Pour Johanne Gélinas, les cibles gouvernementales sont ambitieuses, et le Québec se donne les moyens de les atteindre. L’optimisme de TEQ ne fait toutefois pas l’unanimité dans le milieu de la recherche et chez les groupes environnementaux.

Pierre-Olivier Pineau, de la chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, présente une lecture plus ambivalente de l’état de la transition énergétique au Québec. Malgré le fait que l’objectif de réduction de 40 % de la consommation de produits pétroliers d’ici 2030 puisse paraître ambitieux, les actions concrètes pointant vers une réelle transition tardent, selon l’expert. La question se pose donc : le Québec est-il en transition ? Pour l’auteur, une transition énergétique réussie passerait notamment par une transition en transport.

La mobilité durable, la plus grande occasion économique de la prochaine décennie

C’est du moins le point de vue défendu dans l’édition 2019 de L’état du Québec par le conseiller stratégique en transport à la Coop Carbone Vincent Dussault. Pour cet expert de la mobilité durable, son déploiement contribuera au développement économique du Québec et générera un impact positif dans l’atteinte de nos objectifs de réduction des GES. En d’autres mots, il y aurait des gains à faire : une amélioration de la fluidité des transports, une diminution de notre empreinte écologique et une plus grande création de richesse.

Des initiatives citoyennes pour lutter contre les changements climatiques

Bien que l’impact de l’action gouvernementale dans la lutte contre les changements climatiques soit l’objet de débats, des initiatives citoyennes émergent, et elles mobilisent de plus en plus d’individus. C’est notamment le cas du mouvement végane, comme le démontre la directrice générale de la SPCA de Montréal, Élise Desaulniers. Plusieurs indicateurs pointent vers un changement dans les habitudes des citoyens en ce qui concerne la consommation de produits d’origine animale, l’auteure allant même jusqu’à parler de révolution tranquille pour décrire la montée en popularité du mouvement végane au Québec.

La directrice générale d’ENvironnement JEUnesse, Catherine Gauthier, présente de son côté quelques initiatives jeunesse en matière de transition verte, en se penchant notamment sur la création d’emplois verts et sur l’économie verte, qui refuse de choisir entre environnement sain et économie florissante.

La migration nationale : angle mort de la crise environnementale ?

Les changements climatiques ont non seulement un impact sur les flux migratoires à l’international, mais également sur les déplacements de population à l’intérieur même du Québec. C’est du moins la thèse défendue par la responsable de la campagne boréale de la Fondation David Suzuki, Melissa Mollen Dupuis, qui présente la perspective autochtone en matière de protection du territoire et des ressources naturelles. L’auteure se demande si les villes du Québec seraient prêtes à faire face à un afflux important de réfugiés climatiques nationaux autochtones, alors que la perte de biodiversité qui touche le Nord québécois pourrait avoir des impacts importants sur leur mode de vie.

Les changements climatiques mettent en jeu toutes les dimensions de la vie moderne.

À lire à ce sujet dans « L’état du Québec 2019 »

CLÉ 6 – TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
L’état de la transition énergétique au Québec
Pierre-Olivier Pineau, chaire de gestion du secteur de l’énergie, HEC Montréal

CLÉ 18 – PREMIÈRES NATIONS
Protection du territoire et des ressources naturelles : l’importante perspective autochtone
Melissa Mollen Dupuis, responsable de la campagne boréale à la Fondation David Suzuki